Le Falcon 7X, propriété privée du président congolais Denis Sassou- N’guesso a été adjugé aux enchères, mardi 3 octobre, à 7,1 millions d’euros au Grand Hôtel de Bordeaux, après avoir été saisi en juin 2020 à l’aéroport de la capitale girondine. Cette adjudication a provoqué la colère des autorités. La réaction des dirigeants du Congo ne s’est pas fait attendre. Le ministre des affaires étrangères, Jean Claude Gakosso, a convoqué, le 4 octobre, à Brazzaville, l’Ambassadrice de France au Congo, Claire Bodonyi, pour lui faire part de l’indignation du gouvernement.
Le Falcon7X du président congolais Denis Sassou- N’guesso a été vendu aux enchères, le 3 octobre, à 7,1millions d’euros en France. Cet appareil avait été saisi sur l’aéroport de Bordeaux en juin 2020 après une longue série de procédures judiciaires engagées depuis des décennies par le patron de la société Commisimpex, un homme d’affaire libanais, contre l’Etat du Congo. La vente aux enchères de ce Falcon7X va permettre d’indemniser la société Commisimpex pour des travaux publics non payés. Cette liquidation avait été ordonnée par le tribunal judiciaire de Bordeaux en décembre 2022, puis confirmée en juin 2023 par la cour d’appel.
Le patron de Commisipex, Mohsen Hojeij, ancien proche du président Denis Sassou-Nguesso, avait décroché plusieurs contrats de construction entre 1983 et 1986. Mais, après l’effondrement des cours du pétrole en 1986, la situation économique du Congo s’était détériorée. La République du Congo avait par ailleurs réglé, payé une partie des travaux. Le patron de Commisipex, mécontent, va se constituer par civil contre l’Etat congolais et va porter l’affaire devant la cour internationale d’arbitrage de Paris en 2000. Cette cour va condamner à deux reprises en 2013 l’Etat du Congo à indemniser la société de Mohsen. Au fil des années, la somme réclamée par l’homme d’affaires libanais a fortement augmenté. Actuellement, cette dette est passée de 100 millions d’euros, lorsque le litige s’est engagé en 1992, à environ 1, 7 milliards d’euros.

Thierry Lézin Moungali, ministre de la communication et des médias, porte-parole du gouvernement
Après la vente aux enchères, à vil prix du Falcon7X, propriété du Congo, le gouvernement congolais a convoqué, le 4 octobre, à Brazzaville, l’Ambassadrice de France au Congo, Claire Bodonyi, pour exprimer son indignation. « L’avion présidentiel, appartenant à la République du Congo qui sert d’avion de commandement du Président de la République, portant les armoiries du Congo, le drapeau national, tout cela n’a pas empêché le juge français de procéder à la saisie, puis à la vente aux enchères de cet avion. Ce Falcon7X a été d’ailleurs bradé à une somme n’équivalant pas à sa valeur. Donc, Madame Bodonyi n’a pas été appelée en tant que personne, mais elle représente son pays, la France. Nous avons parlé avec elle des relations d’Etat à Etat.
Le ministre Jean Claude Gakosso a exprimé au nom du gouvernement congolais ce mécontentement. Il lui a signifié que dans la coutume internationale, dans toutes les conventions qui ont été signées par les Etats dans le monde, il existe le principe d’immunité des biens qui appartiennent de manière souveraine aux Etats. La République du Congo utilisera tous les moyens de droit, parce que la procédure n’est pas terminée. Nous avons rappelé que ce type d’actions sont répétitives, hélas, à l’encontre de l’Etat congolais. Des procédures qui sont parfois vexatoires tentent à humilier la République du Congo. Toutes ces procédures peuvent un jour ne pas rester sans conséquences bien entendu. La France est un pays ami, un pays avec lequel nous partageons une histoire commune. Mais, le ministre Gakosso tenait, au nom du gouvernement, à exprimer ce mécontentement », a déclaré la porte-parole du gouvernement Thierry Lézin Moungali.
Par Orland Alain