Pour garantir la transparence des élections dans le pays et la maitrise du corps électoral, le gouvernement du Congo opte pour l’utilisation de la biométrie.  Les congolais iront désormais aux urnes avec des cartes biométriques sécurisées.

Le ministre de l’intérieur, de la décentralisation et du développement local, Raymond Zéphirin Mboulou a annoncé la nouvelle aux responsables des groupements politiques de la majorité, de l’opposition, du centre et de la société civile, le 12 mars à Brazzaville. Selon le ministre, les résultats du Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH)-5 sont déjà connus, plus rien ne peut encore empêcher la matérialisation de cette opération.  L’exécutif s’y attèle d’ores-et-déjà pour obtenir les données numériques de ce RGPH-5 au ministère du plan en vue de commencer les opérations conduisant à l’introduction de la biométrie au Congo.

 «Je voudrais vous annoncer que le RGPH-5 étant publié, il nous reste à s’en approprier pour travailler afin de sortir notre corps électoral à partir du RGPH-5 et de démarrer la biométrie parce que c’est l’une des recommandations de toutes nos consultations politiques. Nous devons faire de notre mieux pour avoir maintenant une carte biométrique en matière électorale », a déclaré Raymond Zéphirin Mboulou.

Rencontre du ministre de l’intérieur avec les groupements politiques et la société civile.(Ph. d’archives)

Le ministre a également annoncé, au cours de cette séance de travail avec les responsables des groupements politiques et de la société civile, la refonte de la loi électorale.  Car, l’actuelle a subi plusieurs modifications.

« Aujourd’hui, il nous faut revoir notre loi électorale. Nous l’avons révisée plusieurs fois avec amendements, mais il est temps, alors c’est pour cela que je vous informe qu’au niveau du ministère, avec la CNEI, nous allons travailler dans ce sens. Nous voulons aussi la participation des partis politiques pour qu’on puisse corriger certaines faiblesses et renforcer notre loi électorale », a indiqué le ministre. Ainsi, le ministère de l’intérieur attend les contributions des organisations politiques et civiles avant la fin de l’année 2024 en vue d’élaborer la nouvelle loi électorale.

Aussi, cette décision du gouvernement est-elle appréciée par la majorité présidentielle. Elle encourage le ministère de l’intérieur à tout mettre en œuvre pour garantir aux congolais des élections libres, crédibles et transparentes. De son côté, l’opposition émet encore des doutes sur les résultats du RGPH-5. Elle demande la tenue du recensement administratif spécial (RAS) pour plus de fiabilité du fichier électoral.

« L’établissement de la carte d’électeur biométrique est une bonne nouvelle. Enfin nous aurons maintenant des cartes d’électeurs biométriques sécurisées.  Nous allons travailler avec le ministre pour apporter notre contribution. Cette fois ci, le ministre nous associe pour réécrire toute la loi électorale. Et, avant la fin de l’année, nous aurons une nouvelle loi électorale », a réagi le chef de fil de l’opposition congolaise Tsaty Mabiala.

Par ailleurs, l’opposition s’est réjouie de voir le gouvernement accéder à sa revendication de tous les temps à savoir, l’introduction de la biométrie dans le processus électoral au Congo.

Par Orland Alain.