Le taux d’inscription dans les centres d’éducation préscolaire demeure très faible en République du Congo. Il stagne à moins de 12%.  Le Congo n’est pas une exception où 3 enfants sur 10 seulement d’Afrique fréquentent l’éducation préscolaire selon le rapport Africa’s Pulse du 15 octobre 2024.

Cette faiblesse du taux de scolarisation dans ce sous-secteur de l’éducation affecte le niveau de préparation des enfants admis au primaire. La majorité des enfants qui bénéficient de l’encadrement préscolaire sont issus des classes sociales aisées en milieu urbain. L’éducation de ces enfants sont fortement liée au revenu des parents. En zone rurale, les enfants restent souvent chez eux.  

 « Au Congo, l’éducation primaire est obligatoire, mais la petite enfance n’est pas obligatoire. Il faut qu’on fasse un travail de fond pour pallier cette difficulté. A bien voir, c’est au niveau des grandes villes seulement que la petite enfance intègre les centres préscolaires. L’enfant qui passe par le préscolaire a un bon accès à l’école primaire parce qu’il a déjà acquis une socialisation à ce niveau. Il a plus de chances de réussir que celui qui intègre directement l’école primaire. Or, l’enfant qui va commencer directement à l’école primaire peut passer 3 à 6 mois pour se socialiser, parce que c’est la première fois que cet enfant va quitter la famille », a indiqué Bernadette Miassouassouna, inspectrice pour la petite enfance.

Par ailleurs, Bernadette Miassouassouna a déploré l’attitude la Banque mondiale qui ne travaille qu’avec le gouvernement dans les écoles formelles. Elle a exprimé ainsi le souhait de voir la Banque mondiale à regarder le côté non formel, c’est-à-dire des associations en charge de l’éducation de la petite enfance. « La Banque mondiale travaille souvent avec le gouvernement dans les écoles formelles. Mais, le côté non formel n’est pas pris en charge pour l’éducation de la petite enfance. C’est cela qui pose problème. Or, si la Banque mondiale voyait aussi le côté non formel, il y a des structures qu’on peut mettre en place, des petits centres d’éveil communautaires qui pouvaient prendre en charge ces enfants et soulager certains parents », a conclu inspectrice pour la petite enfance.

Toutefois, le gouvernement s’attèle à mettre en place une politique au niveau du ministère de l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’alphabétisation (MEPPSA) pour insérer dans les écoles primaires déjà identifiées des centres préscolaires. Cela se fera dans tous les départements pour améliorer ce ratio.

Par Orland Alain.