Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, des explosions ciblées, des hélicoptères militaires au-dessus de Caracas, des frappes précises dans plusieurs quartiers stratégiques de la capitale vénézuélienne, ces images spectaculaires ont saturé les réseaux sociaux.
Quelques heures plus tard, Washington a confirmé une opération militaire d’ampleur, présentée comme ‘’ chirurgicale ‘’, qui a abouti à l’arrestation du président Nicolás Maduro et de son épouse, exfiltrés vers les États-Unis. Au-delà du choc visuel et politique, l’événement a soulevé des questions sur le droit international, l’avenir du Venezuela et la doctrine stratégique américaine.
L’intervention américaine apparaît, sur le plan opérationnel, comme un succès tactique. Près de 150 aéronefs auraient été engagés depuis une vingtaine de points d’appui terrestres et maritimes. Les frappes ont visé des zones à forte valeur stratégique, notamment Fuerte Tiuna, qui abrite la principale base militaire du pays, ainsi que des infrastructures portuaires autour de La Guaira.
Les analystes militaires ont souligné la neutralisation rapide des systèmes de défense vénézuéliens, pourtant fournis en équipements sophistiqués ces dernières années. L’absence de riposte significative a montré un travail de renseignement approfondi, qui a mêlé surveillance électronique, cartographie précise des installations et des relais internes au sein de l’appareil sécuritaire vénézuélien.
Les autorités américaines ont diffusé des images du président vénézuélien détenu à bord d’un navire militaire américain, quelques instants avant une conférence de presse de Donald Trump.

Le Président Vénézuélien, Nicolás Maduro capturé et transféré aux États-Unis.
Selon Washington, Maduro devra répondre devant la justice américaine d’accusations liées au terrorisme et au narcotrafic. La participation de la Delta Force, unité d’élite des forces spéciales américaines, inscrit l’opération dans une tradition de ‘’ frappes de décapitation ‘’ déjà observée en Irak ou en Syrie.
Le message pour Washington est clair. Les États-Unis assument la capacité d’intervenir directement contre des chefs d’État qu’ils considèrent comme illégitimes ou hostiles. Si la réussite militaire a été largement reconnue, la légalité de l’opération fait débat. Aucune résolution internationale ni mandat explicite ne semblent justifier l’arrestation d’un président en exercice sur le territoire de son pays.
Pour de nombreux juristes et diplomates, cette arrestation de Maduro est une violation grave du droit international et un précédent dangereux, susceptible d’affaiblir encore davantage les normes qui encadrent l’usage de la force.
Kidnapping de Maduro, le silence troublant de Caracas
Autre élément qui a marqué cette arrestation a été l’absence de mobilisation populaire massive dans la capitale. Ni scènes de liesse ni grandes manifestations de soutien au régime déchu. Ce calme relatif alimente les spéculations sur un possible accord négocié en amont, impliquant certaines figures du pouvoir, notamment la vice-présidente Delcy Rodríguez, restée en place et désormais au centre des équilibres politiques.
Le système chaviste, profondément ancré dans l’armée et l’administration, n’a pas disparu. À ce stade, l’opération ressemble davantage à l’extraction brutale du sommet de l’État qu’à un changement de régime complet.
Pour Donald Trump, cette opération s’inscrit dans une logique stratégique plus large. Elle réactive une version musclée de la doctrine Monroe, selon laquelle les Amériques relèvent prioritairement de l’influence de Washington.
Le signal envoyé dépasse le Venezuela : Cuba, le Mexique, la Colombie ou encore d’autres États accusés de complaisance avec le narcotrafic sont implicitement avertis.
L’opération de Caracas marque un tournant stratégique. Elle ouvre en revanche une période d’incertitude profonde pour le Venezuela et pour l’ordre international. Ainsi, cette intervention pourrait redéfinir les équilibres politiques du continent américain et bien au-delà.
Par Den Elga.