L’élection du secrétaire général du comité central du Parti congolais du travail (PCT) restera comme un moment manqué pour sa jeunesse. Alors que beaucoup voyaient dans cette échéance une opportunité historique de renouvellement générationnel et de prise de responsabilités au sommet de l’appareil politique. Les jeunes cadres du parti congolais du travail n’ont pas su transformer l’essai.

  De nombreux observateurs internes et externes ont relevé que cette jeunesse est caractérisée par une immaturité politique notoire, marquée par des divisions, des rivalités personnelles et une incapacité à parler d’une seule voix.

À l’approche de l’élection présidentielle de mars prochain, le PCT se trouve à un moment stratégique de son histoire. Le contexte appelait à la cohésion, à la clarté des positions et à une vision partagée de l’avenir du parti.

 La jeunesse, souvent présentée comme porteuse de renouveau et d’idées nouvelles, disposait là d’une occasion en or pour démontrer sa capacité à assumer la direction politique du parti.

Or, loin d’incarner une alternative crédible et structurée, les jeunes responsables ont donné l’image d’un courant fragmenté, plus préoccupé par des luttes de positionnement que par la construction d’un projet collectif. Cette incapacité à s’unir autour d’un leadership consensuel a lourdement pesé dans la balance.

Au regard de cette situation, le Très Grand Camarade, Denis Sassou N’guesso,  a opté pour la reconduction du vétéran Pierre Moussa à la tête du secrétariat du comité central.

Cette décision a été interprétée par d’aucuns comme un choix de sagesse, dicté par la nécessité de préserver l’équilibre interne du parti à un moment politiquement sensible. Ainsi, Pierre Moussa apparaît, aux yeux des militants et sympathisants du PCT, comme une figure de consensus.

Depuis son accession au perchoir du comité central, il incarne une ligne d’unité, de stabilité et de continuité. Dans un parti où les équilibres internes sont déterminants, son maintien rassure et permet d’éviter les fractures susceptibles d’affaiblir la machine politique à la veille d’échéances majeures.

L’épisode met également en lumière une réalité plus profonde. Le renouvellement générationnel ne peut se décréter. Il suppose une préparation, une discipline et une capacité à dépasser les ambitions individuelles au profit de l’intérêt collectif.

 En l’absence de ces qualités, la jeunesse du PCT a paradoxalement renforcé la position des anciens, en démontrant qu’elle n’était pas encore prête à assumer les rênes du parti.

Cette immaturité ne tient pas seulement à l’âge, mais à une culture politique encore insuffisamment structurée. Le manque de stratégie commune, l’absence de leadership clairement identifié et la difficulté à respecter les mécanismes internes du parti ont pesé lourdement dans la décision finale.

Loin de porter une condamnation définitive, cet épisode peut néanmoins servir de leçon. La jeunesse du PCT reste un vivier important, appelé à jouer un rôle central dans l’avenir du parti et du pays. Mais pour espérer accéder aux plus hautes responsabilités, elle devra apprendre à construire des compromis, à faire preuve de maturité politique et à inscrire ses ambitions dans une vision collective.

Par Orland Alain M’badinga.