Le département du Pool a de nouveau été le théâtre de tensions armées ces derniers jours dans les localités de Mindouli. Des affrontements et échanges de tirs ont opposé, le 11 janvier 2026, des éléments de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) à des combattants Ninja. Cette situation a encore ravivé les inquiétudes des populations locales déjà éprouvées par des années d’instabilité.
Selon des sources locales, les heurts se sont produits dans plusieurs zones rurales, provoquant des mouvements de panique parmi les habitants. Si le bilan humain et matériel reste difficile à établir avec précision, ces événements confirment une fois de plus la fragilité persistante de la situation sécuritaire dans ce département stratégique.
Malgré les accords de paix successifs et les programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), la circulation d’armes légères demeure une réalité préoccupante. La résurgence d’affrontements armés témoigne les limites des mécanismes de pacification et du caractère inachevé du processus de stabilisation.
Les échanges de tirs entre forces de sécurité et combattants Ninja rappellent que certaines poches de résistance armée subsistent. Elles sont nourries par un sentiment de marginalisation, des frustrations socio-économiques et un déficit de confiance envers les autorités.

Les éléments de la DGSP après l’affrontement avec les combattants Ninja.
Ainsi, la population est prise en étau. Ce sont les civils qui paient le lourd tribut. Dans plusieurs localités, des habitants ont évoqué des déplacements temporaires, la paralysie des activités agricoles et commerciales, ainsi qu’un climat de peur permanent.
« Dès qu’on a entendu des tirs, tout s’arrête. Les enfants ne sont pas à l’école, les champs ont été même abandonnés », confie un résident sous couvert d’anonymat.
Cette insécurité chronique fragilise davantage le tissu social déjà éprouvé par la pauvreté. Elle compromet également les efforts de développement local qui sont pourtant essentiels pour une paix durable.
Au-delà de ces affrontements ponctuels, la situation dans le Pool met en évidence le problème structurel de la prolifération et la persistance des armes dans ce département. Tant que ces armes circuleront, le risque de reprise des violences restera élevé.
La réponse strictement sécuritaire a montré ses limites. Les observateurs s’accordent à dire que la stabilisation durable du Pool passe par une approche globale qui combine sécurité, dialogue, développement économique et réintégration sociale des ex-combattants.
Le déficit d’opportunités économiques, le chômage des jeunes et l’enclavement de certaines zones constituent un terreau favorable à la reconstitution de groupes armés. Sans réponses concrètes à ces défis, chaque incident risque de rallumer les braises d’un conflit latent.
Les récents affrontements dans le département du Pool rappellent que la paix reste fragile. La crise des armes n’est pas seulement une question sécuritaire ; elle est aussi politique, sociale et économique. Sans une stratégie inclusive et durable, le Pool risque de demeurer un foyer récurrent de tensions, avec des conséquences lourdes pour la stabilité nationale et la sécurité des populations civiles.
Par Orland Alain M’badinga.