L’économie mondiale continue de faire preuve d’une résilience relative, malgré un environnement politique et commercial marqué par de fortes incertitudes. Cette information a été révélée, le 13 janvier 2026, à Washington, par les responsables du Groupe de la Banque mondiale.

 Selon les dernières prévisions de cette institution financière, contenues dans le rapport trimestriel de janvier 2026, la croissance mondiale devrait atteindre 2,6 % en 2026, avant de se redresser légèrement à 2,7 % en 2027. Cette performance modeste est à saluer dans un contexte de tensions géopolitiques, de fragmentation du commerce et de niveaux d’endettement historiquement élevés.

La Banque mondiale a indiqué également la poursuite du reflux de l’inflation à l’échelle mondiale, grâce à la détente des marchés du travail et à la baisse des prix de l’énergie. Cette désinflation progressive offre une marge de manœuvre aux banques centrales, même si la normalisation des politiques monétaires reste prudente.

Les économies émergentes et en développement affichent les meilleures performances, avec une croissance attendue de 4 % en 2026. Toutefois, ce rythme est en retrait par rapport à 2025. Il est la conséquence directe du ralentissement du commerce mondial et des tensions protectionnistes accrues.

Barge pétrolière.

La Banque mondiale pointe notamment les effets persistants de la guerre commerciale relancée sous l’impulsion de Donald Trump. La multiplication des barrières tarifaires et l’incertitude sur les règles du commerce international pèsent sur l’investissement et sur les chaînes de valeur mondiales, particulièrement dans les pays les plus dépendants des exportations.

En Chine, la croissance devrait rester inférieure à 5 %. Pékin parvient néanmoins à éviter un ralentissement plus marqué grâce à une hausse des exportations vers l’Europe et à de nouvelles mesures de relance ciblées. Mais cette dynamique demeure fragile.

 D’après la Banque mondiale, l’Asie et le monde en développement risquent d’entrer dans une phase de stagnation prolongée si les gains de productivité ne repartent pas.

En zone euro, la croissance reste atone et peine à s’approcher du seuil de 1 %. Le Vieux continent continue de pâtir d’une demande intérieure faible et d’un investissement hésitant, sur fond de transition énergétique coûteuse et de tensions géopolitiques persistantes.

À l’inverse, les États-Unis affichent une résistance notable. Malgré un chômage encore élevé pour certaines catégories de la population et une inflation qui reste surveillée de près, la croissance américaine devrait atteindre 2,2 % cette année.  La consommation des ménages les plus aisés, la prolongation des allègements fiscaux et surtout les investissements massifs dans le secteur de l’intelligence artificielle soutiendraient l’activité.

Au-delà des chiffres de croissance, la Banque mondiale met en garde contre une vulnérabilité commune à l’ensemble des pays sur l’endettement. La dette publique, comme privée, a atteint des niveaux record.

L’institution appelle donc à un retour à davantage de discipline budgétaire, en particulier dans les économies émergentes et en développement. Des règles budgétaires crédibles, une meilleure qualité de la dépense publique et un environnement plus favorable à l’investissement privé sont jugés indispensables pour éviter que la résilience actuelle ne se transforme en stagnation durable.

Si la croissance mondiale tient mieux que prévu, elle reste insuffisante pour répondre aux défis structurels de création d’emplois, de réduction de la pauvreté et de convergence des niveaux de vie. Ainsi, la Banque mondiale rappelle que derrière la stabilité apparente se cache une économie mondiale plus endettée, plus fragmentée et moins dynamique qu’au cours des décennies passées.

La résilience actuelle pourrait masquer une fragilité de fond. Sans réformes structurelles ambitieuses et sans coopération internationale renforcée, le monde risque de s’installer durablement dans une croissance molle, inégalitaire et vulnérable aux chocs politiques.

Par Den Elga.