Le président de la commission ad ’hoc du Parti du Peuple (PA.PE), Castellin Cédric Balou, est récemment monté au créneau à travers un message vidéo pour répondre aux déclarations controversées du directeur général de la sécurité présidentielle (DGSP), le général de brigade Serge Oboa, prononcés lors de la cérémonie de port des insignes de grade. Des propos jugés intimidants et révélateurs, selon l’opposition, d’une dangereuse dérive sécuritaire à l’approche des échéances électorales.
« … Je répète et je le dis, ça sera sans état d’âme », avait déclaré le général Serge Oboa. Cette phrase a suscité une vive inquiétude au sein de l’opinion publique et de la classe politique. Pour Castellin Cédric Balou, ces mots ne relèvent pas d’un simple excès de langage, mais constituent un acte politique grave.
Dans une adresse au peuple congolais, le président du PA.PE a rappelé les limites institutionnelles du rôle du directeur général de la sécurité présidentielle. « Le général Serge Oboa n’est ni ministre de l’Intérieur, ni chef de la police nationale, encore moins un acteur politique ou le président de la République. Sa mission est claire : assurer la sécurité du chef de l’État et des institutions, rien de plus », a-t-il martelé.
Selon Castellin Balou, lorsque le responsable de la DGSP adopte un ton martial et profère des menaces à l’encontre des citoyens, de l’opposition et de la jeunesse, il sort de son cadre légal et s’inscrit dans une logique autoritaire. « Ce que le peuple a entendu n’était ni un message de paix ni un appel au respect de la loi, mais un discours intimidant, adressé non pas aux criminels, mais aux citoyens », a-t-il dénoncé.
Le leader du PA.PE a également critiqué les opérations sécuritaires menées sous couvert de lutte contre la délinquance juvénile, notamment le phénomène des “Kulunas” et des “bébés noirs”. Il évoque des exécutions arbitraires, des destructions de biens et des humiliations infligées aux familles, le tout en dehors de toute procédure judiciaire. « Ce n’est pas de la sécurité, c’est une démonstration de force et un message politique adressé à la jeunesse et à l’opposition », a-t-il affirmé.
Pour Cédric Balou, la montée de la délinquance est avant tout le résultat de décennies d’échecs politiques : chômage massif, absence de formation, injustice sociale et marginalisation de la jeunesse.
« Vous avez détruit l’avenir de plusieurs générations et aujourd’hui vous voulez traiter les conséquences par la peur et la matraque. Cela ne fonctionnera pas », a-t-il lancé.
Le président du PA.PE a aussi fustigé le train de vie des dirigeants et les dépenses jugées excessives, notamment celles liées aux congrès politiques, alors que les populations font face à la précarité, à la dégradation des services sociaux de base et au chômage.
Dans un ton grave, il a rappelé que « l’autorité sans légitimité devient oppression, la force sans justice devient violence, et le pouvoir sans le peuple devient fragile ». Ainsi, il a appelé le président de la République à rappeler à l’ordre le général Serge Oboa.
Castellin Cédric Balou estime que ses déclarations outrepassent clairement ses prérogatives.
De même, le leader du PA.PE a lancé un message de résistance pacifique au peuple congolais : « Nous refusons la peur comme mode de gouvernance. La République appartient au peuple, pas à la force ni à l’intimidation. Le Congo mérite la dignité, la justice et la paix, pas la terreur ».
Le message de Balou vient, une fois de plus, raviver le débat sur le rôle des forces de sécurité, le respect des libertés publiques et l’état de la démocratie au Congo à l’approche des échéances politiques.
Par Den Elga.