Les autorités congolaises ont formellement interdit toute augmentation du prix du gaz butane, un produit de première nécessité pour les ménages. Cette décision a été rendue publique, le 13 janvier à Brazzaville, à l’issue d’un point de presse animé par Richard Ngola, directeur général de l’aval pétrolier au ministère des Hydrocarbures.
Cette mise au point intervient dans un contexte de vive polémique, provoquée par une décision unilatérale de la société FAAKI Congo. Cette entreprise a annoncé une hausse des prix du gaz butane sur le marché national sans concertation avec l’autorité gouvernementale. L’initiative, jugée illégale et contraire aux textes en vigueur, a suscité une forte inquiétude au sein de la population, déjà confrontée à une hausse généralisée du coût de la vie.
Selon les explications fournies par Richard Ngola, les prix du gaz butane n’ont connu aucune modification officielle et restent strictement encadrés par la réglementation en vigueur. L’annonce faite par FAAKI Congo, à travers une note de service interne, n’a jamais reçu l’aval de l’administration compétente.

Des bouteilles de gaz de butane de 12 kg.
Au regard de ce désordre, le ministère des Hydrocarbures a convoqué l’ensemble des sociétés de distribution et de commercialisation du gaz butane afin de rappeler les règles applicables en matière de fixation des prix.
Le directeur général de l’aval pétrolier a rappelé que l’approvisionnement du marché national repose sur plusieurs sources qui permettent d’assurer la disponibilité du gaz butane selon des mécanismes de prix définis par l’État.
« L’arrêté n°91-94 du 9 octobre 2018 fixe clairement le prix d’entrée en distribution à 200 FCFA le kilogramme et le prix de vente au consommateur final à 512 FCFA le kilogramme. Des mécanismes de compensation sont prévus afin de tenir compte des variations liées aux conditions d’approvisionnement. Ainsi, toute modification du prix à la consommation est strictement interdite », a précisé Richard Ngola.
À l’issue des échanges, les responsables des sociétés de distribution et de commercialisation ont demandé l’annulation immédiate de la note de service de FAAKI Congo et l’ouverture d’une concertation interministérielle en vue de la réouverture de ses points de vente fermés.
Le gaz butane occupe une place essentielle dans la vie quotidienne des Congolais. Toute hausse non maîtrisée de son prix comporte un risque social majeur, d’autant plus que les alternatives énergétiques restent limitées pour une large partie de la population. La réaction ferme du ministère des Hydrocarbures apparaît ainsi comme un message clair adressé aux opérateurs privés.
Par Orland Alain M’badinga.