Le colloque international consacré à la vie et à l’œuvre de Monseigneur Benoît Gassongo a été ouvert, le 21 janvier 2026, au palais des congrès, à Brazzaville. Cette figure emblématique de l’Église catholique et du patrimoine intellectuel congolais est connue sous le triptyque de pasteur, éducateur et homme de science.

Cet événement, prévu pour trois jours, permettra aux chercheurs, aux universitaires, aux hommes d’Église et aux personnalités du monde politique de revisiter et valoriser l’héritage spirituel, culturel et scientifique de ce grand homme, tombé dans les oubliettes.

La cérémonie d’ouverture s’est tenue sous l’autorité du ministre des Postes, des télécommunications et de l’économie numérique, Léon Juste Ibombo.   Elle a donné le ton d’un rendez-vous placé sous le signe de la mémoire, de la transmission et de la réflexion sur l’actualité de la pensée de Mgr Benoît Gassongo au regard des défis contemporains de la société congolaise.

Ce colloque se veut un espace de dialogue scientifique, spirituel et culturel qui vise à mieux comprendre l’œuvre multiforme de Mgr Benoît Gassongo et à en dégager des enseignements utiles pour les générations présentes et futures.

Les participants au colloque saluant la mémoire de Mgr Benoît Gassongo.

Au cours de ces travaux, plusieurs panels thématiques sont programmés. Les communications focalisées sur la vie sociale et missionnaire de Mgr Gassongo, son parcours de pasteur, d’éducateur et d’homme de sciences, ainsi que sur sa contribution à la vie et à l’organisation de l’Église.

Une place importante est également accordée aux dimensions culturelles et anthropologiques de son œuvre, à travers l’analyse de la justice traditionnelle et de la sagesse endogène développées dans son ouvrage Otwere. Cette œuvre est considérée comme une véritable revalorisation de l’héritage culturel congolais.

 Les interventions porteront également sur l’apport d’Otwere dans l’organisation socio-culturelle et la pacification de l’espace Mbosi, ainsi que sur la problématique des relations entre l’Église et les traditions locales.

Ainsi, le ministre Léon Juste Ibombo a salué, dans son discours d’ouverture, l’initiative de ce colloque, qu’il a qualifiée d’acte fort en faveur de la sauvegarde de la mémoire nationale. Il a insisté sur la nécessité de revisiter l’œuvre de Mgr Benoît Gassongo, dont la pensée demeure actuelle.

« Quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. Si nous sommes réunis aujourd’hui, ce n’est pas pour laisser brûler une bibliothèque, mais pour l’ouvrir, la lire et la transmettre. Car, un peuple qui n’honore pas ses bâtisseurs se condamne à avancer sans boussole et un pays qui oublie ses pionniers se prive de racines », a déclaré Léon Juste Ibombo.

De son côté, Mgr Brice Armand Ibombo, président du comité d’organisation, a précisé que les différents panels prévus visent à montrer l’intérêt du message et de l’action de Mgr Benoît Gassongo  sur les plans spirituel, culturel et social. Il a évoqué un véritable « banquet scientifique » destiné à actualiser la figure de cet homme illustre qui a marqué durablement l’histoire religieuse et civile du Congo.

Mgr Benoît Gassongo apparaît ainsi comme une personnalité aux multiples facettes de prêtre ,d’évêque, d’éducateur, d’enseignant et de bâtisseur de près d’une vingtaine d’écoles ainsi que d’écrivain.

À travers ses ouvrages, il a légué une réflexion profonde sur la sagesse, la culture et la justice traditionnelle. Ces œuvres font de lui l’un des penseurs congolais les plus marquants de son époque. Ce colloque international se présente dès lors comme un moment fort de reconnaissance, mais aussi comme un appel à poursuivre et à faire vivre l’héritage intellectuel et spirituel de Mgr Benoît Gassongo au service du Congo d’aujourd’hui et de demain.

Par Flore de Jésus Somboko.