L’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads) a annoncé, le 24 janvier à Brazzaville, qu’elle ne présentera aucun candidat à l’élection présidentielle de mars 2026. Cette décision de principe a été prononcée lors de clôture de la session inaugurale du Conseil national. Ces assises ont été placées sous l’autorité du président de cette instance politique, chef du parti, Pascal Tsaty Mabiala.
Ce choix de la principale force historique de l’opposition congolaise a créé une onde de choc politique. Il sonne comme un aveu d’impuissance face à un système verrouillé. Le débat est désormais ouvert au sein de classe politique congolaise.
Les dirigeants de l’Upads ont justifié ce refus par l’absence des conditions minimales d’une élection crédible. Dans leur communiqué final, ils dénoncent notamment le manque de liberté d’opinion, l’absence d’indépendance de la justice, la non-neutralité de la force publique et l’exclusion d’observateurs électoraux indépendants.
L’UPADS accuse également le gouvernement de ne pas avoir respecté ses engagements issus des concertations avec les forces vives. L’exécutif se refuse d’implémenter la biométrie, de plafonner les dépenses de campagne à l’élection présidentielle et d’établir un fichier électoral consensuel. L’Upads a en outre déploré le manque de volonté du gouvernement de mettre en place une Commission d’organisation des élections réellement indépendantes.

Les membres du Conseil national lors de la clôture des travaux de la session inaugurale.
Au regard de ces manquements répétés, le Conseil national de l’Upads affirme avoir tiré les conséquences politiques, en optant pour le boycott du scrutin. Le parti du Pr Pascal Lissouba se réserve toutefois la possibilité de donner ultérieurement une consigne de vote à ses militants.
Si cette posture est saluée par certains comme un acte de résistance face à ce que l’UPADS qualifie de ‘’ simulacre démocratique ‘’, elle est jugée périlleuse par d’autres observateurs.
Le parti, en renonçant à la compétition électorale, risque de s’effacer davantage d’un paysage politique déjà dominé par le pouvoir en place, au prix d’une démobilisation de sa base. Ainsi, la survie politique de l’Upads dépendra désormais de sa capacité à transformer ce boycott en véritable stratégie et non en simple retrait de la scène électorale.
Par Orland Alain M’badinga.