La justice norvégienne a franchi une nouvelle étape dans une affaire de corruption internationale impliquant le secteur pétrolier et les plus hautes sphères du pouvoir congolais.Deux ressortissants norvégiens ainsi qu’une filiale du groupe pétrolier norvégien Petronor ont été inculpés pour corruption grave, à la suite d’un versement présumé d’environ 25 millions de dollars au président de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso, et à des membres de sa famille.
L’annonce a été faite, le 26 janvier à Oslo, en Norvège, par Økokrim, l’unité centrale norvégienne de lutte contre la criminalité économique et environnementale. Selon le communiqué officiel, les faits reprochés remontent à 2016. Au cours de cette période, des paiements auraient été effectués en parallèle de démarches visant à obtenir des parts dans des licences pétrolières en République du Congo.
« Økokrim a émis un acte d’accusation concernant le versement de pots-de-vin en République du Congo à partir de 2016 », indique l’autorité judiciaire. Par ailleurs, elle a précisé que les bénéficiaires présumés sont le président du Congo et des membres de sa famille proche. La procureure en charge du dossier, Marianne Djupesland, a détaillé les chefs d’inculpation.
D’après la procureure, les deux citoyens norvégiens sont poursuivis pour corruption grave et violations graves des règles comptables, tandis que l’entreprise pour laquelle ils agissaient est également inculpée pour corruption grave. Petronor a, pour sa part, déclaré contester catégoriquement l’acte d’accusation. Les deux personnes mises en cause ont également nié l’ensemble des accusations portées contre elles.
Ainsi, cette affaire illustre la portée extraterritoriale des lois norvégiennes en matière de corruption. L’issue judiciaire de ce dossier sera scrutée de près par les milieux économiques et financiers. Elle pourrait avoir des répercussions durables sur la réputation des entreprises norvégiennes à l’international, mais aussi renforcer la pression sur les groupes pétroliers opérant dans des environnements à haut risque de corruption.
Le procès à venir devra désormais établir si les versements incriminés relèvent d’une stratégie de corruption délibérée ou de pratiques contestées mais légales, comme le soutiennent les prévenus.
Par Den Elga.