Le colloque international consacré à la vie et à l’œuvre de Mgr Benoît Gassongo s’est achevé sur une note de grande satisfaction pour l’ensemble des participants. Ces assises, tenues du 21 au 23 janvier 2026, au Palais des congrès de Brazzaville, ont permis de remettre en lumière le parcours exceptionnel d’un prélat dont l’action, longtemps restée en marge de la mémoire collective, a profondément marqué l’histoire spirituelle, éducative et intellectuelle du Congo.
La cérémonie de clôture, patronnée par le ministre des Télécommunications, Léon Juste Ibombo, s’est déroulée en présence du président du Sénat, Pierre Ngolo, ainsi que de nombreuses personnalités du monde politique, académique, culturel et religieux.
Les chercheurs les universitaires, les hommes de culture, les responsables d’Église et les acteurs politiques ont, durant trois jours, croisé leurs analyses dans une approche interdisciplinaire autour de l’œuvre multiforme de Mgr Benoît Gassongo. Près d’une quarantaine de communications présentées ont mis en évidence la richesse, la profondeur de l’engagement spirituel et intellectuel ainsi que social du prélat catholique.
Ces présentations ont révélé que Mgr Benoît Gassongo fut un grand bâtisseur et un acteur majeur de la formation des jeunes, en particulier dans le bassin de l’Alima, au le nord du pays. Le prélat y a développé une méthode pédagogique novatrice, fondée sur l’articulation étroite entre mission pastorale, éducation et formation de la jeunesse.

Les participants au colloque international.
Son action a contribué de manière significative à l’implantation de plusieurs établissements scolaires dans la partie septentrionale du Congo. Les intervenants ont aussi souligné l’importance de l’anthropologie culturelle bantoue dans la production scientifique de Mgr Benoît Gassongo.
Sa réflexion critique s’est attachée à interroger les fondements structurels des sociétés africaines et les processus d’inculturation face aux défis de la colonisation. Son œuvre apparaît ainsi comme une contribution majeure à la compréhension du passé colonial et de ses violences au Congo.
Les échanges ont également mis en lumière le rôle de l’Église dans la vie politique, dans les processus de médiation en période de crises. Une mission délicate, à la croisée du devoir civique, du principe de neutralité ecclésiale et des relations parfois complexes, voire conflictuelles, entre l’Église et l’État.
Au terme des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées pour valoriser et pérenniser l’héritage de Mgr Benoît Gassongo. Les participants ont suggéré au gouvernement de baptiser un établissement public d’enseignement primaire et secondaire, dans le département de Nkeni-Alima ou dans une autre localité, du nom de « Complexe Mgr Benoît Gassongo », et d’officialiser cette dénomination par arrêté ministériel.
Ils ont également invité la famille du Prélat à créer une fondation à caractère mémoriel et patrimonial portant son nom, destinée à préserver ses archives, à promouvoir sa pensée et à perpétuer les valeurs intellectuelles, spirituelles et sociales qu’il a incarnées.
De son côté, le ministre Léon Juste Ibombo, qui a clos le colloque, a salué la qualité et la densité des échanges. « Au regard de la profondeur de vos réflexions, la publication des actes de ce colloque apparaîtra, sans nul doute, comme une œuvre utile pour l’humanité et la postérité. Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante », a-t-il déclaré.
Né vers 1910 à Mbanza, dans l’actuel département de Nkeni-Alima, Mgr Benoît Gassongo est décédé à Brazzaville. Il a été inhumé le 23 avril 1981 dans la paroisse Sainte-Marie de Ouenzé, dont il fut le fondateur avec le révérend père Jean-Marie Grivaz. À travers ce colloque international, chercheurs et acteurs institutionnels ont unanimement appelé à inscrire durablement l’œuvre et la mémoire de Mgr Benoît Gassongo dans le patrimoine spirituel, éducatif et culturel du Congo.
Par Flore de Jésus Somboko.