Le président du Conseil national des Républicains (CNR), le Révérend pasteur Frédéric Ntumi Bintsamou, ne sera pas candidat à l’élection présidentielle de mars 2026. L’information a été officiellement confirmée, ce vendredi 6 février à Brazzaville, au cours d’un point de presse très attendu sur sa participation.

Devant les professionnels des médias, le secrétaire national à l’organisation, aux relations avec les autres partis et à la formation, Philippe Ané, a levé toute ambiguïté. « Le CNR ne présentera pas de candidat à la présidentielle de mars 2026.  Le président du parti, le Révérend pasteur Frédéric Ntumi Bintsamou, ne sera pas candidat à la magistrature suprême », a-t-il déclaré.

Si le CNR avait au début manifesté son intention de participer au processus électoral, et si de nombreux Congolais, comme ceux de la diaspora avaient appelé à la candidature de son président pour impulser un changement profond, la direction du parti estime aujourd’hui que les conditions d’un scrutin libre, crédible et transparent ne sont pas réunies.

Lors de cette rencontre avec la presse, Philippe Ané a longuement détaillé les raisons de cette décision. Le CNR dénonce la non-intégration de la biométrie dans le processus électoral ; le maintien du vote par anticipation pour les forces de sécurité ; l’exclusion de la diaspora congolaise du scrutin ; la non- recomposition de la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) ; et surtout, l’absence d’indépendance réelle de l’organe électoral.

Le secrétaire national à l’organisation, aux relations avec les autres partis et à la formation, Philippe Ané ( au centre) devant les professionnels des médias.

Selon les responsables du CNR, ces manquements compromettent gravement la transparence et l’équité du scrutin à venir. Ils ont également évoqué le contexte sécuritaire tendu, marqué par les événements tragiques, survenus le 11 janvier 2026 à Mindouli, dans le département du Pool et de Djoué-Léfini , qui ont entraîné des pertes en vies humaines.

Le CNR déplore aussi les bombardements aériens qui ont visé des zones proches de la résidence de son président dans le district de Vindza, alors que des fidèles étaient en plein culte dominical.  Les responsables du CNR ont également fustigé le non-respect par le gouvernement des engagements issus de l’accord de cessez-le-feu du 23 décembre 2017, sur la réinsertion professionnelle de son président. Cette situation entrave sa pleine participation à la vie politique nationale.

Au regard de ces faits, le Conseil national des Républicains affirme avoir fait le choix de la responsabilité politique. « Il est impératif de préserver la cohésion sociale, la paix et la sécurité de tous les Congolais. Le CNR ne saurait être tenu pour responsable d’éventuelles tensions liées au processus électoral », a insisté Philippe Ané.

Le parti a tenu à remercier les Congolais et la diaspora pour leur confiance, leur mobilisation et leurs appels à la candidature de son président. Il souligne qu’il ne sera jamais un bouc émissaire au détriment de la stabilité nationale.

Par ailleurs, le CNR exhorte les citoyens à faire preuve de patriotisme, en plaçant l’intérêt supérieur du Congo au-dessus de toute considération partisane. Il invite ses militants à renforcer les bases du CNR en vue des futurs échéances électorales et appelle le gouvernement à privilégier le dialogue comme seul moyen durable de règlement des différends.

Le Conseil national des Républicains et son président ont, toutefois, réaffirmé leur attachement aux idéaux de paix, de justice et du vivre-ensemble, qu’ils considèrent comme les fondements indispensables à l’avenir démocratique du Congo.

Par Orland Alain M’badinga.