À quelques semaines de l’élection présidentielle prévue les 12 et 15 mars prochains, le Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC) rappelle aux journalistes leurs responsabilités devant les risques de dérives et de violences. Son président, Médard Milandou Nsonga, a réuni, le 24 février à Brazzaville, les responsables des médias publics et privés pour les sensibiliser aux exigences d’une couverture médiatique professionnelle, équilibrée et respectueuse des règles en période électorale.

 Au cours de cette rencontre, il a rappelé aux professionnels des médias que la presse demeure l’un des piliers essentiels de la démocratie. À ce titre, les journalistes sont appelés à garantir une information complète, fiable et impartiale tout au long du processus électoral.

Selon le président du CSLC, les médias ont la responsabilité d’informer le public de manière rigoureuse sur les forces politiques en présence ; les enjeux du scrutin ; l’organisation et les modalités de vote et le déroulement global du processus électoral. Cette démarche vise à permettre aux citoyens d’exercer leur droit de vote en toute liberté.

Les Responsables des médias publics et privés lors de la rencontre avec le CSLC.

Par ailleurs, il a haussé le ton à l’égard de certains journalistes qui sont accusés d’avoir relayé sans recul critique des propos injurieux ou provocateurs tenus par des responsables politiques.  

« La presse est libre, mais attention.  Si la liberté d’informer demeure un principe fondamental, elle s’accompagne d’une responsabilité éthique et légale renforcée en période électorale. Reprendre et marteler des phrases incendiaires, c’est agir comme des pyromanes », a -t-il déclaré.

Dans le cadre du scrutin présidentiel de mars 2026, le CSLC a adopté une série de directives destinées à encadrer la couverture médiatique. Ainsi, tous les candidats doivent bénéficier du même traitement. Les commentaires et analyses ne doivent ni déformer les propos ni sortir des déclarations de leur contexte.

Les médias doivent fournir des contenus éducatifs et civiques. Les contenus en langues nationales sont encouragés afin de toucher un public élargi. De même, tout candidat ou citoyen mis en cause dispose d’un droit de réponse gratuit dans un délai de 24 heures. Les médias sont aussi  tenus de rectifier toute information erronée diffusée.

Les organes de presse doivent également conserver les messages diffusés pendant au moins 15 jours afin de permettre d’éventuels contrôles ou recours. Toutefois, le CSLC met en garde contre toute tentative de manipulation de l’opinion à travers des contenus numériques falsifiés ou sortis de leur contexte.

Dans un environnement politique marqué par la méfiance et les accusations croisées, le Conseil entend ainsi prévenir toute escalade verbale susceptible de dégénérer en violences. À quelques jours du scrutin, l’équilibre entre liberté d’expression et responsabilité collective apparaît plus que jamais comme un enjeu central de la démocratie congolaise.

Par Orland Alain M’badinga.