Le Président de la République, Denis Sassou N’Guesso, a procédé, le mardi 25 février à Impfondo, au lancement officiel des travaux d’aménagement et de bitumage du corridor de développement n°13, section Pokola–Mboua–Epena–Impfondo–Dongou–Enyellé–Bétou–Gouga (frontière avec la RCA), dans le département de la Likouala.

La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités administratives et militaires, des membres du gouvernement, des parlementaires, ainsi que de l’ambassadrice de la République populaire de Chine en République du Congo, An Qing.

Cette action marque une nouvelle étape dans la politique nationale de modernisation des infrastructures. D’un linéaire total d’environ 542 kilomètres, dont 79 kilomètres de voiries urbaines, le corridor 13 constitue le plus vaste projet routier engagé au Congo après la route lourde Pointe-Noire-Brazzaville.

Ce corridor s’étend dans la grande dorsale nord-sud-africaine qui reliera Tripoli à Windhoek puis au Cap, via N’Djamena, Bangui et Brazzaville. Il vise à renforcer l’intégration régionale, en connectant la Likouala aux grands réseaux d’échanges sous-régionaux.

Le projet est structuré en six tronçons à savoir Pokola – Dzaka – Mboua (123 km), Mboua – Epéna (54 km), Epéna – Impfondo – Dongou (136,70 km), Dongou – Enyellé (102,25 km), Enyellé – Bétou (71,85 km) et Bétou – Gouga (frontière RCA, 54,75 km).

Le Chef de l’État, Denis Sassou N’Guesso, au centre, entouré des officiels.

Les travaux débuteront simultanément aux deux extrémités du corridor afin d’accélérer l’approvisionnement en matériaux et la progression des chantiers. L’infrastructure est conçue aux standards modernes pour répondre aux exigences actuelles et futures du trafic.

Le corridor 13 comprendra une plateforme de 11,5 mètres de largeur ; une chaussée bidirectionnelle de 7,5 à 9 mètres ; des vitesses de référence de 60 km/h en zone urbaine et 80 km/h en rase campagne ; une structure dimensionnée pour un trafic moyen journalier annuel estimé à 1 000 véhicules/jour.

Ainsi, toutes ces mesures visent à garantir une infrastructure durable, sécurisée et capable d’accompagner l’évolution du trafic afin de réduire les coûts d’entretien à moyen terme.

Dans son allocution, le ministre d’État, ministre de l’Aménagement du territoire et des Grands travaux, Jean Jacques Bouya, a souligné la portée stratégique du projet. Selon le ministre d’État, la route constitue ‘’ le nœud gordien ‘’ des économies africaines. Le transport routier assure près de 80 % des déplacements de personnes et 90 % du transport de marchandises.

« Dans une Sous-région où les coûts logistiques peuvent atteindre jusqu’à 20 % de la valeur des importations, le corridor 13 doit renforcer la connectivité nationale ; consolider les corridors stratégiques ; faciliter les échanges avec les pays voisins, notamment ceux qui ne possèdent pas la façade maritime ; réduire les coûts de transport ; stimuler l’investissement productif », a -t -il précisé.

Pour la Likouala, longtemps confrontée à l’isolement géographique, ce projet représente un tournant historique en matière de désenclavement et d’accès aux marchés. Les travaux de ce projet seront exécutés par le groupe chinois Hunan Construction Investment Group Co., Ltd, dans un délai contractuel de quatre ans.

Ce partenariat s’inscrit dans le cadre du Forum sur la Coopération Sino-Africaine (FOCAC), orienté vers les infrastructures, l’industrialisation et le développement durable. Il traduit la volonté du Congo de s’intégrer pleinement aux dynamiques régionales et aux chaînes de valeur africaines.

Au-delà des aspects techniques, le lancement du corridor 13 revêt une dimension symbolique. Ce nouveau chantier traduit la constance d’une vision de faire des infrastructures un pilier central du développement national. « Là où s’ouvre une route, la nation se rapproche d’elle-même ; là où progresse une route, l’avenir s’élargit », a déclaré Jean Jacques Bouya.

À terme, le corridor 13 devrait transformer le visage de la Likouala pour une meilleure mobilité des populations, l’écoulement facile des produits agricoles et forestiers, ainsi que pour le renforcement des échanges transfrontaliers et l’intégration accrue au tissu économique national.

Pour les populations d’Impfondo et des localités environnantes, ce chantier incarne l’espoir d’un avenir plus connecté, où le nord forestier du Congo sera intégré au destin national et aux dynamiques régionales d’Afrique centrale.

Par Den Elga.