Au milieu de la foule rassemblée au boulevard Alfred Raoul à Brazzaville pour le meeting de campagne du président-candidat Denis Sassou N’Guesso, certaines voix ont exprimé à la fois le soutien et la détresse sociale. C’est le cas de Tatiana Kombo, jeune mère rencontrée sur place, venue partager les difficultés dont font face de nombreuses femmes dans le pays.

« Nous sommes allées à l’école, mais aujourd’hui nous nous retrouvons au marché pour survivre », a-t-elle confié. Pour cette jeune femme, la priorité est claire, c’est la création d’emplois et de petites entreprises capables d’offrir des opportunités aux jeunes et aux mères célibataires.

Pour Tatiana, beaucoup de jeunes femmes sont contraintes de vendre dans les marchés pour subvenir aux besoins de leurs familles. « Le marché n’assure pas des revenus stables surtout avec la situation économique de notre pays où tous les jours on parle de la crise.  Mais nous n’avons pas d’autre choix parce qu’il n’y a pas de sociétés pour nous employer », a-t-elle expliqué.

En dehors de l’emploi, les jeunes femmes éprouvent également des difficultés d’accès aux soins de santé. Tatiana Kombo raconte avoir souffert d’un cancer du sein sans pouvoir être opérée faute de moyens financiers. Elle traine avec la maladie.

« Quand on arrive à l’hôpital sans argent, on ne vous soigne pas. Pourtant les hôpitaux de l’État devraient être accessibles à tous », a -t-elle déploré.

La jeune mère a appelé à une amélioration du système de santé pour les populations les plus modestes. Elle a également évoqué les problèmes persistants d’accès à l’eau et à l’électricité dans certains quartiers de la ville capitale. Malgré ces difficultés, Tatiana Kombo affirme garder espoir et appelle à des changements concrets en faveur des populations.

« Tout ce que nous voulons, c’est la paix, du travail, de meilleurs hôpitaux et des petites sociétés pour que les jeunes puissent travailler », a-t-elle insisté.

Comme beaucoup d’autres participants au meeting, elle espère que les préoccupations des jeunes et des mères de famille seront prises en compte dans les décisions futures du pays. « Nous voulons simplement vivre dignement dans notre pays », a conclu Tatiana.

Par Orland Alain M’badinga.