Les femmes vivant avec handicap ont commémoré en différé, le 27 mars à Brazzaville, la journée internationale des droits des femmes. L’événement a rassemblé plusieurs personnalités publiques, experts et participantes venues de divers horizons autour d’un séminaire consacré aux droits, à la protection et à l’inclusion des femmes vivant avec handicap. Cette rencontre a été organisée par le Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap (CCPVH).
Plus qu’une simple retrouvaille, ce séminaire s’est imposé comme une tribune essentielle pour faire entendre une voix longtemps marginalisée. Malgré le décalage avec la date officielle du 8 mars, la mobilisation est restée intacte. Elle a même permis d’approfondir les réflexions autour de l’égalité, de la dignité et de l’accès effectif aux droits.
Dans son intervention, empreinte d’émotion et de détermination, la 2ème secrétaire permanente du CCPVH, Joël Annièle Poaty Tchibinda, a appelé les femmes vivant avec handicap à une prise de conscience collective. De même, elle les a exhortées à sortir de l’ombre, à s’exprimer librement et à revendiquer pleinement leurs droits dans une société où les discriminations persistent.
« Nous sommes réunis ici pour porter une voix longtemps ignorée, mais une voix forte, digne et légitime », a-t-elle souligné.

Vue des officiels et des participantes au séminaire de sensibilisation.
De son côté, le secrétaire exécutif permanent, Bakary Taraoré, a mis en lumière les progrès réalisés en République du Congo, sous l’impulsion du président Denis Sassou Nguesso, pour les personnes vivant avec handicap (PVH). Il a invoqué deux textes majeurs approuvés par le législateur congolais notamment la loi Mouébara (2022), dédiée à la lutte contre les violences faites aux femmes et la loi de 2025 sur la protection et la promotion des droits des personnes vivant avec handicap.
Pour Bakary Taraoré, ces réformes marquent une avancée décisive. « La femme vivant avec handicap peut désormais se considérer comme actrice de son présent et de son avenir », a-t-il déclaré.
Le séminaire a également été rythmé par plusieurs communications stratégiques animées par des spécialistes comme Clotaire Batsimba , Virginie Bati, Mitata et Régine Ngoma.
Leurs interventions ont permis aux participantes de mieux comprendre le cadre légal, les enjeux de genre, les mécanismes de protection sociale et les outils disponibles pour défendre leurs droits. Les échanges interactifs ont ainsi renforcé la dimension pédagogique de cette rencontre.
Au-delà des discours, ce séminaire a suscité un véritable élan d’engagement. Les participantes sont reparties avec une volonté renforcée d’agir, de s’émanciper et de faire entendre leurs revendications.
« Ce séminaire a été très important pour nous. On nous a parlé des choses qu’on ignorait. Aujourd’hui, la loi portant protection des personnes avec un handicap, en son article48 me permet de me défendre devant les personnes ou bien devant une institution », s’est exprimée Virginie Marie Bouanga.
Les organisateurs ont également lancé un appel pour briser le silence, combattre les injustices et encourager l’implication active des femmes vivant avec handicap dans la société. La cérémonie s’est clôturée dans une atmosphère de solidarité, marquée par une distribution symbolique de pagnes, symbole d’unité et de reconnaissance.
Plus qu’un événement, cette rencontre s’inscrit comme un tournant décisif dans la lutte pour l’égalité et l’inclusion des femmes vivant avec handicap en République du Congo.
Par Orland Alain M’badinga.