La décision est tombée comme un couperet. La Cour constitutionnelle du Congo a rejeté,  le 28 mars à Brazzaville,  le recours introduit par le candidat Dave Uphrem Mafoula sur le contentieux électoral. Elle a invalidé  point par point les éléments présentés pour contester le scrutin présidentiel des 12 et 15 mars 2026.  Aussi, la Cour a-t-elle confirmé la victoire écrasante de Denis Sassou-N’Guesso à 94,90%. L’audience solennelle a été présidée par le président de cette institution, Auguste Iloki.

Pour le candidat Dave  Mafoula, ces résultats ne reflètent pas la réalité des urnes. L’élection présidentielle de 2026 n’a pas été transparente. Le vote a été entaché  d’irrégularités telles que le bourrage des urnes, la fraude et la distribution des billets de banque.

 Au regard de ce désordre constaté, le candidat a demandé l’annulation du scrutin et l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle. A cet effet, il a déposé un recours à la cour constitutionnelle, constitué d’un formulaire de transcription des résultats et des vidéos électroniques fournis par ses délégués. Mais, le formulaire issu du bureau de vote n°1 du centre ‘’ Église la Vérité ‘’, à Gamboma, a été jugé sans valeur juridique. Le document ne présentait aucun nom des responsables habilités et aucune signature officielle.

Dans ces conditions, il ne saurait servir à établir, d’après le président de la cour,  une quelconque irrégularité, notamment l’existence d’un nombre de bulletins supérieur au nombre d’émargements, conformément à l’article 97 de la loi électorale.

Le candidat Dave Uphrem Mafoula  réagissant à la sortie de l’audience après le délibéré.

Le requérant a également versé au débat six enregistrements vidéo d’une durée de 17 et 39 secondes contenus sur des clés USB. Mais,  la Cour a rejeté leur valeur probante. Elle a relevé plusieurs lacunes dans ces pièces, notamment l’absence de date, d’indications sur le lieu de tournage et l’impossibilité d’identifier les circonstances de leur réalisation.

Pour la Cour, ces éléments n’ont pas permis d’étayer les accusations d’irrégularités électorales soulevées par le candidat. De même, il n’a apporté aucune démonstration convaincante que les faits allégués auraient eu une influence significative sur les suffrages qu’il a recueillis.

La Cour a ainsi conclu que les pièces produites ont été  sans rapport évident avec les irrégularités invoquées et dépourvues de toute force probante. Le recours a été  donc rejeté dans son intégralité. Ainsi, elle a proclamé les résultats définitifs après examen, ajustements et redressements nécessaires.

Avec 94,90 % des voix obtenues, le candidat Denis Sassou-N’guesso a dépassé largement la majorité absolue requise. Le Chef de l’Etat sortant a été  officiellement déclaré réélu Président de la République dès le premier tour par la Cour constitutionnelle.

À la sortie de l’audience, le candidat Dave Uphrem Mafoula a réagi avec calme et détermination. « La décision a été rendue et je prends acte. Mais cela n’enlève pas la vérité de ce qui s’est réellement passé », a-t-il indiqué.

Le candidat a aussi insisté sur la notion de légitimité politique. Il a remercié tous ses électeurs qui ont manifesté le signe qu’ils sont pour le changement. Dave Mafoula a toutefois appelé à l’unité, à une démocratie apaisée, au rassemblement, en dépit de  la décision défavorable.

Par Flore de Jésus Somboko.