Le Sénat a adopté le projet de loi portant création de l’Institut national de biologie et de veille sanitaire (INBVS). Cette approbation législative marque une avancée décisive dans le renforcement du système sanitaire national. Elle vient consacrer une structure déjà inaugurée le 24 novembre 2025 à Pointe-Noire par le Président Denis Sassou-N’guesso. Ce projet de loi a été défendu à la chambre haute par le ministre de la Santé et de la Population, Jean Rosaire Ibara.
L’INBVS est un établissement public à caractère administratif. Il est doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Il s’impose désormais comme un pilier du dispositif sanitaire en République du Congo.
Sa création répond aux grands défis de recrudescence des épidémies, de persistance des maladies endémiques et d’absence d’une surveillance biologique performante dans un contexte de forte mobilité humaine.
Devant les sénateurs, le ministre de la Santé et de la Population, Jean Rosaire Ibara, a rappelé que le monde est confronté à une mutation sanitaire profonde, marquée par des maladies à fort impact comme la Covid-19, le choléra ou la fièvre jaune.
À cela s’ajoutent des pathologies persistantes telles que le paludisme, la tuberculose et le VIH/Sida, ainsi que l’émergence continue de nouveaux agents pathogènes.
Dans ce contexte, le Congo doit renforcer ses capacités de surveillance, de diagnostic et de réponse rapide face aux menaces sanitaires. Ainsi, l’INBVS aura pour mission principale d’agir comme un laboratoire national de référence.
Il réalisera des analyses biomédicales, microbiologiques, toxicologiques et physico-chimiques de haut niveau. L’institut interviendra également dans le contrôle de la qualité sanitaire de l’eau, des aliments et des produits pharmaceutiques ; la détection précoce des épidémies et l’appui scientifique à la décision publique.
Vers la fin de la dépendance extérieure
Avant l’érection de l’INBVS, de nombreux prélèvements étaient analysés à l’étranger, notamment au Gabon, en République démocratique du Congo ou en Europe. Cette situation entraînait des coûts élevés et des délais importants. Avec la mise en service de l’INBVS, ces analyses pourront désormais être effectuées localement.
« Aujourd’hui, tout peut être fait sur place. L’INBVS garantit la rapidité, la fiabilité et la souveraineté sanitaire», a affirmé le ministre qui a souligné l’importance de disposer de résultats précis avant toute déclaration officielle d’épidémie.
De même, ce projet s’inscrit dans une approche globale recommandée par l’Organisation mondiale de la santé. Il intèg les interactions entre la santé humaine, animale et environnementale. Cette stratégie vise à anticiper les risques sanitaires dans un monde marqué par la mondialisation des échanges.
l’INBVS ambitionne par ailleurs de devenir un centre d’excellence en recherche biomédicale et biotechnologique ; un espace de formation pour les professionnels de santé et un pôle d’innovation scientifique. Des partenariats avec les universités permettront de renforcer les liens entre la recherche, la formation et l’action sanitaire.
L’institut regroupera des biologistes, médecins spécialistes en infectiologie et épidémiologie, techniciens de laboratoire et cadres administratifs expérimentés. Cette diversité de profils vise à garantir une gestion efficace des enjeux sanitaires, depuis le diagnostic jusqu’à la réponse aux crises.
Par l’adoption ce projet de loi, le Sénat confirme la volonté des autorités de doter le Congo d’un outil moderne, capable de répondre efficacement aux défis sanitaires actuels et futurs.
Par Orland Alain M’BADINGA.