Le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, a présenté, le 6 août 2026, devant les sénateurs le Cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) 2027-2029. Ce document stratégique définit les grandes orientations des finances publiques pour les trois prochaines années. Le CBMT a été examiné au cours d’une séance plénière consacrée au débat d’orientation budgétaire. Cette séance plénière a été dirigée par le président du Sénat, Pierre Ngolo.
Le CBMT traduit l’ambition du gouvernement de consolider les équilibres macroéconomiques, de poursuivre le désendettement public et d’accélérer la diversification de l’économie. À cet effet, l’Exécutif prévoit une accélération progressive de la croissance économique. Le produit intérieur brut (PIB) devrait enregistrer une progression de 6,9 % en 2027, soit 1,3 point de plus qu’en 2026, avant de se stabiliser à une moyenne annuelle de 6,5 % entre 2028 et 2029.
Cette performance serait principalement soutenue par le secteur hors pétrole, dont la croissance passerait de 4,8 % en 2026 à 5,4 % en 2027, puis à 6,1 % en 2028 et 7,7 % en 2029.
Le secteur pétrolier devrait également contribuer à cette dynamique. Sa croissance est attendue à 8 % en 2027, contre 5 % en 2026, grâce à l’augmentation de la production des champs d’hydrocarbures et de gaz naturel déjà en exploitation, ainsi qu’à la mise en production de nouveaux gisements. Les projections font état d’une croissance de 4,8 % en 2028 et de 5 % en 2029.
L’inflation est projetée à 3 % en 2027, contre 2,7 % en 2026, avant de se maintenir à ce niveau en moyenne sur l’ensemble de la période.

Les Sénateurs présents lors du débat d’orientation budgétaire.
Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement a défini dix priorités, parmi lesquelles le renforcement de la mobilisation des recettes, la rationalisation des dépenses publiques, l’amélioration de la gestion de la trésorerie et de la dette, le renforcement de la performance des gestionnaires des programmes budgétaires, la réduction de la dette publique, l’amélioration de la gestion des risques budgétaires et la mise en place de mécanismes destinés à renforcer la résilience de l’économie face aux chocs.
À terme, le Cadre budgétaire à moyen terme vise à garantir la soutenabilité des finances publiques, à réduire progressivement la dépendance aux recettes pétrolières, à renforcer la sincérité budgétaire et à faire du budget-programme un véritable outil de pilotage des politiques publiques.
Sur le plan budgétaire, les ressources de l’État devraient progresser à un rythme annuel moyen de 3,6 % entre 2027 et 2029, grâce à l’amélioration des recettes fiscales et pétrolières. Les dépenses augmenteraient de 2,5 % par an, soit un rythme inférieur à celui des recettes, traduisant la volonté du gouvernement de préserver les équilibres budgétaires.
Les recettes budgétaires sont projetées à 2 970,9 milliards de FCFA en 2027, 3 060,1 milliards de FCFA en 2028 et 3 149,7 milliards de FCFA en 2029. Cette progression serait principalement soutenue par les recettes fiscales, attendues en hausse de 7,4 % par an, grâce à l’élargissement de l’assiette fiscale rendu possible par la diversification de l’économie.
Les hypothèses macroéconomiques retenues prévoient une production de 112,3 millions de barils en 2027, 117,5 millions en 2028 et 123,4 millions de barils en 2029. Le prix du brut congolais est estimé à 71 dollars le baril en 2027, 70 dollars en 2028 puis 69 dollars en 2029, avec un taux de change moyen de 565 FCFA pour un dollar. Le gouvernement table également sur des recettes additionnelles issues de l’exploitation du gaz naturel liquéfié (GNL).
À l’issue du débat d’orientation budgétaire, les sénateurs ont formulé 17 recommandations à l’attention du gouvernement. Ils ont notamment demandé le respect des délais légaux de dépôt des documents de cadrage budgétaire, une prise en compte plus sincère et réaliste des recettes issues des secteurs forestier, minier et de l’économie numérique, ainsi que le règlement de la dette sociale liée aux arriérés de pensions des retraités et aux engagements envers les institutions constitutionnelles.
Les parlementaires ont aussi recommandé de poursuivre les réformes engagées au sein des régies financières, de mettre fin aux exonérations exceptionnelles..
Le gouvernement affiche, à travers ce CBMT, son ambition de consolider les finances publiques, de renforcer la résilience de l’économie congolaise.
Par Flore de Jésus SOMBOKO.