Une avancée décisive vient d’être enregistrée dans la réforme de la gestion publique en République du Congo. La Commission nationale de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques(CNTR) et le Programme des Nations Unies pour le développement(PNUD) ont procédé, le 14 avril à Brazzaville, à la signature d’un plan d’initiation et d’un accord de financement destinés à renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion des finances publiques.
La cérémonie a rassemblé les autorités publiques, les partenaires techniques et financiers, les acteurs du secteur privé ainsi que les représentants de la société civile. Elle s’est déroulée en présence du ministre en charge de la réforme de l’Etat, Luc Joseph Okio.
Cet accord vise à soutenir la mise en œuvre du plan stratégique 2025-2029 de la CNTR. Il repose sur deux axes essentiels à savoir le déploiement d’un programme d’actions innovantes pour promouvoir la transparence et renforcer les mécanismes de contrôle ; et la mise en œuvre d’actions prioritaires à impact rapide, grâce à la digitalisation des outils de gestion et d’analyse des données publiques.
Cette transformation numérique apparaît comme un levier déterminant pour moderniser la gestion des finances publiques. Elle permettra d’optimiser la collecte, le traitement et la diffusion des informations, tout en facilitant leur accessibilité au public.

Le président de la CNTR, au centre, et les partenaires techniques et financiers du Congo et quelques membres du gouvernement présents à la signature de l’accord.
Dans son intervention, la représentante résidente du PNUD au Congo, Adama- Diane Barry, a rappelé l’ampleur des défis liés à la mauvaise gouvernance financière à l’échelle mondiale. Selon des données de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, une part importante des ressources publiques est perdue chaque année à cause de la corruption, des inefficacités administratives ou d’une planification défaillante.
Ces dérives ont des conséquences directes sur les populations, en matière d’accès aux services essentiels comme l’éducation, la santé ou les infrastructures. Les femmes et les jeunes filles sont les premières victimes de ces insuffisances structurelles.
Le projet signé s’inscrit ainsi dans un cadre plus large de réformes soutenues par le PNUD en République du Congo. Il inclut la modernisation des finances publiques, la réforme de l’État, la lutte contre la corruption et la promotion de la justice de proximité.
Le plan stratégique de la CNTR est doté d’un budget global de plus de 8 milliards de FCFA. Il ambitionne de faire de cette institution un pilier central de la gouvernance publique.
Toutefois, le président de cette institution, Joseph Mana Fouafoua, a reconnu la nécessité de consolider les ressources financières et techniques pour garantir l’efficacité des actions engagées.
Cette cérémonie a également été marquée par la présentation de la brochure institutionnelle « Connaître la CNTR ». Cet outil de communication a été conçu pour mieux informer les citoyens sur les missions et les actions de l’institution.
Par ailleurs, la CNTR prévoit l’organisation prochaine d’un forum national sur la gouvernance publique. Cette rencontre réunira les principaux acteurs autour des enjeux de transparence, d’innovation et de performance de l’action publique.
Ce partenariat ouvre ainsi une nouvelle perspective dans la consolidation de la gouvernance au Congo, avec l’ambition de restaurer la confiance des citoyens et d’améliorer la gestion des ressources publiques.
Par Orland Alain M’BADINGA.