Derrière les ambitions affichées de bonne gouvernance, une réalité préoccupante se dessine au sein des institutions. Six ans après sa création, la Commission nationale de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques(CNTR) peine encore à fonctionner dans des conditions adéquates, en raison de manque d’infrastructures et de moyens techniques à la hauteur de ses missions.
L’institution chargée de promouvoir la transparence dans la gestion des finances publiques ne dispose toujours pas d’un siège véritablement adapté. Cette situation est jugée alarmante pour un organe censé incarner les standards modernes de gouvernance.
Devant le manque de locaux appropriés, la CNTR fait aussi face à un déficit criant en équipements informatiques. Cette insuffisance compromet sérieusement la mise en œuvre d’un système digitalisé efficace, pourtant indispensable pour assurer le suivi et le contrôle de l’application du Code de transparence et de responsabilité au sein des administrations publiques.

Les officiels présents lors de la signature de l’accord de financement entre la CNTR et le PNUD.
Dans un contexte où la transformation numérique est devenue un levier incontournable de performance et de recevabilité, ce retard fragilise l’action de la Commission et limite son impact réel sur la gouvernance publique. Cette situation contraste fortement avec les exigences croissantes en matière de transparence financière, érigées en normes à la fois au niveau international et sous régional.
La promotion de la redevabilité dans la gestion des ressources publiques est aujourd’hui considérée comme un pilier fondamental du développement durable et de la confiance institutionnelle. Malgré cela, sans moyens adéquats, la CNTR peinera toujours à jouer pleinement son rôle dans la lutte contre les dérives telles que la corruption, les détournements de fonds ou les inefficacités administratives.
Au regard de cette réalité, le président de la CNTR, Joseph Mana Fouafoua, a lancé un appel solennel, le 14 avril à Brazzaville, pour exhorter le gouvernement ainsi que les partenaires techniques et financiers à renforcer leur soutien à l’institution.
« Chacun, dans la mesure de ses moyens, doit contribuer à accompagner la CNTR », a-t-il insisté. Il a ainsi souligné l’urgence d’un appui accru pour permettre à la Commission de remplir efficacement ses missions.
La République du Congo ambitionne de moderniser sa gouvernance publique et d’attirer davantage d’investissements, mais la situation de la CNTR soulève de sérieuses interrogations. Peut-on réellement parler de transparence sans doter les organes de contrôle des moyens nécessaires ?
Ce cri d’alarme résonne comme un test de crédibilité pour le gouvernement et ses partenaires. Car sans une réponse rapide et concrète, c’est toute l’architecture de la redevabilité publique qui risque de vaciller.
Par Orland Alain M’BADINGA.