Le ministre d’État, ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Pierre Mabiala, a adressé, le 23 juillet à Brazzaville, une communication solennelle aux agents civils de l’État relevant de son département. Dans un discours ferme, il a annoncé une série de mesures destinées à assainir l’administration publique congolaise, lutter contre les comportements déviants et instaurer une culture fondée sur la discipline, l’éthique et le mérite.

Le ministre a dressé, au cours de cette rencontre,  un constat sévère des dysfonctionnements qui minent la Fonction publique congolaise. Il a dénoncé  la corruption, les extorsions de fonds auprès des usagers, les réseaux mafieux impliqués dans les recrutements et la gestion des carrières, l’absentéisme chronique, les abandons de poste, le favoritisme, les violations de l’éthique professionnelle ainsi que la perception de salaires par des fonctionnaires déserteurs ou résidant à l’étranger.

Selon le ministre d’Etat, ces pratiques nuisent gravement à la gouvernance publique et justifient les critiques récurrentes formulées par le Président de la République à l’encontre de l’administration. Il affirme que leur éradication constitue désormais une priorité gouvernementale.

Afin d’engager cette transformation, le ministre a présenté une première série de dix mesures. Elles portent sur la réorganisation des structures administratives, la maîtrise des effectifs, l’évaluation annuelle des performances des agents, l’instauration d’un code d’éthique et de déontologie, l’assainissement du fichier des ressources humaines et la digitalisation progressive des services publics.

Les agents civils de l’État  présents lors de la communication du ministre d’État, ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Pierre Mabiala.

Le dispositif prévoit des contrôles réguliers pour identifier les fonctionnaires fictifs ou absents, la tenue systématique de conseils de discipline et l’application d’une politique de tolérance zéro contre la corruption, le trafic d’influence, le harcèlement et les retards répétés. Il envisage l’instauration d’une attestation de présence au poste,  pour chaque  agent civil de l’État, pour  percevoir son salaire. Cette mesure entrera en vigueur le 2 novembre 2026.

 Le ministre d’Etat a également prévenu que tout agent qui réclame de l’argent pour faciliter le traitement d’un dossier de recrutement ou de carrière sera immédiatement traduit devant le conseil de discipline. Un numéro vert sera mis en service afin de permettre aux citoyens de dénoncer les pratiques contraires à l’éthique. De même,  Pierre Mabiala  a annoncé la création d’un Prix d’excellence de la Fonction publique, qui  sera décerné chaque année par le Président de la République aux agents les plus exemplaires.

Cette distinction récompensera les fonctionnaires qui se distinguent par leur ponctualité, leur discipline, leur intégrité, leur professionnalisme, leur compétence, leur sens du devoir ainsi que la qualité du service rendu aux citoyens.

Le ministre d’Etat  a  aussi confirmé le maintien de la durée hebdomadaire de travail à 35 heures et  annoncé un réaménagement des horaires de service. Les services publics fonctionneront désormais de 8 h à 15 h, en remplacement des horaires actuels de 7 h à 14 h.

 L’ensemble de ces réformes, assure Pierre Mabiala,  sera appliqué avec fermeté, impartialité et méthode afin de restaurer la confiance des citoyens dans l’administration publique.

« Notre pays a besoin d’une Fonction publique moderne, crédible, efficace, digitalisée et rationalisée. Le mérite doit désormais l’emporter sur les privilèges, la discipline devenir la règle et les usagers retrouver confiance dans leur administration. C’est sur ces mots que je siffle,  aujourd’hui, la fin de la récréation dans la Fonction publique congolaise », a déclaré le ministre d’État.

 Le gouvernement affiche dorénavant sa volonté de rompre avec les mauvaises pratiques qui entravent le fonctionnement de l’administration et de bâtir une Fonction publique plus performante, plus transparente et davantage tournée vers le service des citoyens.

Par Orland Alain M’BADINGA.