La Fédération internationale des ACAT (FIACAT), l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture au Congo (ACAT Congo) et les Organisations de défense des droits humains ont officiellement lancé, le 23 juillet à Brazzaville, une nouvelle plateforme de veille et de plaidoyer consacrée à la protection des droits des personnes privées de liberté. Cette plateforme est dénommée l’Observatoire congolais des lieux privatifs de liberté et de la torture (OCLPT).
La cérémonie a rassemblé des représentants des institutions publiques, du personnel judiciaire et pénitentiaire, des organisations de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers engagés dans la promotion des droits humains.
L’OCLPT est une coalition de onze organisations non gouvernementales congolaises qui interviennent dans les domaines des droits humains, de l’assistance juridique, de la santé, de la réinsertion sociale et de l’accompagnement des personnes vulnérables. Sa création répond aux nombreux défis auxquels reste confronté le système pénitentiaire congolais, notamment la surpopulation carcérale, les difficultés d’accès aux soins et à la justice, ainsi que les enjeux liés à la réinsertion des détenus.
Cette coalition, portée par la volonté de servir les oubliés de la justice, envisage de travailler en étroite collaboration avec les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs concernés afin de promouvoir le respect de la dignité humaine dans les lieux de privation de liberté.

Les participants à la cérémonie du lancement officiel de L’OCLPT.
Pour mener à bien sa mission, l’OCLPT a défini cinq priorités d’action à savoir , le suivi des établissements pénitentiaires avec la publication de rapports annuels indépendants, la création d’une clinique juridique pour l’assistance des détenus les plus vulnérables, le plaidoyer pour l’amélioration des conditions de détention, l’accompagnement spirituel et psychologique des personnes privées de liberté, ainsi que la promotion de politiques efficaces de réinsertion et de réhabilitation.
Ainsi, l’Observatoire ambitionne, à travers ces actions, de contribuer à une meilleure protection des droits fondamentaux et à l’amélioration des conditions de vie dans les établissements pénitentiaires du pays.
« Cet Observatoire n’est ni un tribunal, ni un opposant encore moins un censeur mais plutôt un œil citoyen et indépendant au service de la transparence et du respect de la dignité dans les lieux privatifs de liberté », a déclaré le président de l’OCLPT, Christian Loubassou.
La création de l’OCLPT s’inscrit dans le cadre du projet « Garantir les libertés fondamentales et la dignité humaine des personnes privées de liberté dans six prisons de la République du Congo », mis en œuvre avec l’appui technique d’ACAT Congo et de la FIACAT.
Le programme concerne les établissements pénitentiaires de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Mouyondzi et Sibiti. Il bénéficie du soutien financier de l’Union européenne, de l’Agence française de développement (AFD), du CCFD-Terre Solidaire et bien d’autres.
La mise en place de l’Observatoire est l’aboutissement d’un processus de concertation de travail. Ces travaux ont permis l’adoption des statuts et du règlement intérieur, l’élection des instances dirigeantes, l’élaboration d’une feuille de route ainsi que l’organisation de la cérémonie officielle de lancement.
Toutefois, les organisations membres affichent leur volonté, à travers cette initiative, de renforcer le contrôle citoyen des lieux de détention, d’accompagner les autorités dans l’amélioration des conditions carcérales et de promouvoir le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté, en partenariat avec l’État congolais et les partenaires au développement.
Par Flore de Jésus SOMBOKO.