Un nouveau quinquennat s’ouvre pour Denis Sassou –N’guesso. Le Président réélu a récemment  prêté serment. Son investiture marque le début d’un nouveau mandat à la tête de la République du Congo.

Lors de son discours d’investiture, Denis Sassou-N’guesso a une nouvelle fois placé la jeunesse et les femmes au cœur de ses priorités. Le Chef de l’Etat congolais a  multiplié les appels à l’engagement, à la responsabilité et à la prise de relais. Mais, derrière ce discours volontariste, une réalité s’impose. Ces engagements ressemblent fortement à ceux déjà formulés lors de précédents mandats, souvent sans résultats tangibles à grande échelle.

La jeunesse congolaise,  présentée comme  moteur de créativité et pilier du développement,  reste pourtant confrontée à des difficultés structurelles. Le chômage élevé, le sous-emploi, l’accès limité à la formation de qualité et les faibles perspectives d’insertion professionnelle demeurent le quotidien de nombreux jeunes. Dans ce contexte, les appels à  s’assumer  et à  prendre le relais ne  sont-ils pas  parfois perçus comme déconnectés des réalités socio-économiques.

Le Chef de l’État a aussi insisté sur la nécessité pour les jeunes d’acquérir les compétences et l’expérience, en valorisant un  contrat de génération  fondé sur la complémentarité avec les aînés.  Cette approche suscite des interrogations. Comment la jeunesse peut-elle réellement émerger si les mécanismes d’accès aux responsabilités et aux opportunités demeurent largement verrouillés ?

Au fil des années, plusieurs initiatives en faveur de l’emploi des jeunes et de l’entrepreneuriat ont été annoncées certes ; mais leur impact reste limité. Il est souvent freiné par des problèmes de gouvernance, de financement ou de suivi. Cette répétition de promesses non concrétisées alimente aujourd’hui un sentiment de lassitude, voire de défiance, auprès d’une partie de la jeunesse congolaise.

Par ailleurs,  Denis Sassou- N’guesso a également évoqué les préoccupations des  femmes. Les engagements en faveur de l’égalité et de la justice sociale s’inscrivent dans la continuité des discours officiels.  A ce sujet, les avancées restent insuffisantes au regard des inégalités persistantes dans l’accès à l’emploi, aux responsabilités et aux ressources économiques.

En plaçant une nouvelle fois la jeunesse et les femmes au centre de son projet, Denis Sassou-N’guesso trace les contours d’un mandat qui se veut inclusif. Toutefois, après plusieurs décennies de pouvoir, l’enjeu dépasse désormais les déclarations d’intention. Il s’agit de démontrer, concrètement, que ces priorités peuvent enfin se traduire en politiques efficaces et en résultats mesurables.

Pour une génération confrontée à l’urgence sociale et économique, le temps des promesses semble révolu. Aussi, ce nouveau mandat marquera-t-il  une rupture réelle ou s’inscrira dans la continuité d’engagements restés, jusqu’ici  inaboutis.

Par Den Elga.