La Direction générale des impôts et des domaines (DGID) a officiellement lancé la campagne nationale de sensibilisation sur le Système de facturation électronique certifiée (SFEC). À quelques jours de son entrée en vigueur, Séraphin Ndion, directeur des vérifications générales et de la recherche et chef de projet SFEC, détaille, dans un entretien avec le média numérique Datsoue News, les enjeux de cette réforme, les obligations des entreprises et les dispositions mises en place pour faciliter leur mise en conformité.
Datsoue News (DN) : La DGID vient de lancer une campagne nationale de sensibilisation sur le SFEC. Quel est l’objectif de cette initiative ?
Séraphin Ndion (SN): Cette campagne marque le lancement officiel de la phase de sensibilisation autour du Système de facturation électronique certifiée (SFEC), une réforme introduite par la loi de finances 2025. Depuis septembre 2025, plusieurs entreprises participent à une phase pilote qui a permis de tester et d’ajuster le dispositif.
Aujourd’hui, notre mission consiste à informer l’ensemble des entreprises concernées que, conformément au décret n°2026-101 du 31 mars 2026, le SFEC entrera officiellement en production le 1er juillet 2026.
Le déploiement sera progressif. Dans un premier temps, il concernera les entreprises qui relèvent des Unités de gestion des grandes entreprises (UGE) et des Unités de gestion des moyennes entreprises (UME), ainsi que les sociétés rattachées à l’unité des sous-traitants pétroliers. Notre message est clair. Toutes ces entreprises doivent engager dès maintenant les démarches nécessaires afin d’être en conformité à l’échéance prévue.
DN : Peut-on déjà parler d’entreprises en infraction par rapport à cette nouvelle réglementation ?
SN : Non. Nous sommes encore dans une phase préparatoire. À ce stade, il n’est pas question de qualifier certaines entreprises de non conformes puisque le système n’est pas encore officiellement entré en vigueur.
En revanche, nous invitons fortement les entreprises concernées à procéder à leur interconnexion avec le SFEC. C’est à partir du 1er juillet que nous pourrons évaluer le niveau réel de conformité. Les entreprises qui n’auront pas effectué cette démarche pourraient alors être considérées comme en situation de non-conformité et s’exposer aux dispositions prévues par la réglementation fiscale.
DN : Quelles démarches les entreprises doivent-elles accomplir pour être en règle ?
SN : La principale exigence est l’interconnexion au système de facturation électronique certifiée.
Certaines entreprises disposent déjà de logiciels de facturation électronique. Dans ce cas, elles devront connecter leurs solutions au SFEC à travers des interfaces techniques sécurisées, notamment des API, afin que les factures émises soient automatiquement transmises, authentifiées et certifiées par l’administration fiscale.
Pour les entreprises qui ne disposent pas encore d’un outil de facturation électronique, la DGID a développé une plateforme gratuite dénommée ‘’ e-Facture ‘’. Après inscription, elles pourront émettre directement leurs factures certifiées conformément aux nouvelles exigences réglementaires.
DN : Des réticences subsistent encore dans certains milieux économiques. Comment les expliquez-vous ?
SN : Comme toute réforme d’envergure, le SFEC suscite naturellement des interrogations et parfois des réserves. Certaines entreprises ont effectivement exprimé des préoccupations lors de la phase pilote. Cependant, nous entrons désormais dans la phase opérationnelle du projet. Le système sera pleinement fonctionnel à partir du 1er juillet et les entreprises concernées doivent s’y préparer sans attendre.
Cette réforme s’inscrit dans une dynamique internationale de modernisation des administrations fiscales. Elle permettra de renforcer la transparence des opérations économiques, d’améliorer la traçabilité des transactions et d’optimiser la gestion fiscale grâce aux outils numériques.
DN: Quel message souhaitez-vous adresser aux chefs d’entreprise et aux opérateurs économiques ?
SN: J’encourage toutes les entreprises à adhérer pleinement à cette réforme et à la considérer comme une opportunité plutôt qu’une contrainte.
Le SFEC constitue un véritable outil de gouvernance, de sécurisation des transactions et d’amélioration de la gestion des activités économiques. Il participe à la modernisation de notre système fiscal et s’inscrit dans la stratégie nationale de digitalisation des administrations financières pour la période 2025-2031.
La réussite de cette transformation dépendra ainsi de l’engagement collectif des entreprises, des partenaires techniques et de l’administration fiscale. Nous sommes mobilisés pour accompagner tous les acteurs dans cette transition.
Propos recueillis par Orland Alain M’BADINGA.