Le gouvernement congolais a officiellement lancé, ce 16 juin à Brazzaville, la campagne nationale de vulgarisation du Système de Facturation Électronique Certifié (SFEC). Cette réforme stratégique deviendra obligatoire pour les entreprises à partir du 1er juillet prochain. L’initiative s’inscrit dans le vaste programme de transformation numérique de l’administration fiscale et de modernisation de la gestion des finances publiques.
L’évènement a réuni les responsables de l’administration fiscale, les représentants du secteur privé, les organisations patronales, les experts comptables ainsi que plusieurs acteurs économiques.
Dans son intervention, le directeur de cabinet du ministère des finances, Paul Malié a souligné l’importance de cette réforme dans l’amélioration de la collecte des recettes fiscales.
« Nous sommes aujourd’hui à un tournant décisif. Nous passons de la réforme au concret, du texte à la pratique », a-t-il déclaré. Il a également rappelé que le décret n°2026-101 du 31 mars 2026 a fixé le cadre réglementaire du dispositif et accordé aux entreprises une période transitoire de trois mois pour se mettre en conformité. Cette réforme permettra de renforcer la transparence fiscale.
Le SFEC vise ainsi à certifier électroniquement les factures émises par les entreprises et à transmettre de manière sécurisée les données à l’administration fiscale. D’après Paul Malié, cet outil permettra de renforcer la traçabilité des opérations commerciales, de lutter contre la fraude fiscale et d’améliorer le recouvrement des impôts, notamment de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), principale source de recettes fiscales du pays.
« Dans un système fiscal essentiellement déclaratif, la facture constitue la base de l’évaluation des obligations fiscales des contribuables. La certification électronique des factures doit ainsi permettre à l’administration de disposer d’informations fiables et sécurisées pour mieux contrôler les activités économiques », a –t-il affirmé.
Avant son déploiement national, le SFEC a fait l’objet d’une phase pilote qui a impliqué près de 70 entreprises volontaires. Cette expérimentation a permis de tester le dispositif et d’apporter les ajustements nécessaires avant sa généralisation.
Les autorités fiscales ont salué l’engagement des entreprises pilotes, appelées à devenir les premiers relais de communication auprès du tissu économique national.
« Aujourd’hui, nous sommes prêts pour la généralisation du système », a indiqué le directeur de cabinet du ministère des Finances. A cet effet, il a invité l’ensemble des opérateurs économiques à rejoindre la plateforme avant l’entrée en vigueur de l’obligation légale.
De son côté, le directeur général des Impôts et des Domaines a rappelé que la réforme concerne toutes les personnes physiques et morales qui utilisent des logiciels ou équipements de facturation électronique dans le cadre de leurs activités commerciales. Il a souligné que le SFEC constitue l’un des principaux leviers de la stratégie gouvernementale qui visent à numériser les services fiscaux et à améliorer l’efficacité de l’administration publique.
« Le SFEC est la clé de voûte de l’ambition du gouvernement de dématérialiser le système fiscal congolais », a-t-il précisé.
Toutefois, les autorités fiscales sont conscientes des défis liés à cette transition. Elles ont assuré que des équipes techniques resteront mobilisées pour accompagner les entreprises dans leur mise en conformité. Des sessions d’information, des supports techniques et une assistance dédiée sont prévus afin de faciliter l’adoption du nouveau système.
Cette réforme s’inscrit également dans une dynamique plus large de digitalisation des services publics, avec le développement de solutions numériques destinées à simplifier les démarches administratives et les paiements fiscaux. À quelques jours de l’entrée en vigueur du dispositif, l’administration fiscale appelle les entreprises à accélérer leur préparation afin d’éviter toute difficulté lors du basculement vers le nouveau système.
Pour les autorités, le succès du SFEC dépendra de l’implication de l’ensemble des acteurs concernés. Cette réforme est présentée comme un instrument de transparence, d’efficacité et de modernisation. Elle marque une nouvelle étape dans la transformation de la gouvernance fiscale en République du Congo.
Par Orland Alain M’BADINGA.