La Dynamique de l’unité des organisations des personnes vivant avec handicap (DUOPHCO) a organisé, le 3 juillet à Brazzaville, l’atelier de plaidoyer sur l’employabilité des personnes vivant avec handicap. À l’issue des échanges, Jean Pierre Omombe, membre de la Dynamique, a salué l’initiative dans un entretien avec Datsoue News. Il a également insisté sur l’importance de la formation et de l’auto- emploi. Jean Pierre Omombe a en outre dénoncé l’absence du Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap (CCPVH) à cette rencontre.
Datsoue News (DN): Quelle est votre appréciation de cet atelier consacré à l’employabilité des personnes vivant avec handicap ?
Jean Pierre Omombe(JPO) : Cette activité est la bienvenue et je tiens à féliciter les organisateurs. Lors du forum sur l’inclusion des personnes vivant avec handicap, plusieurs thématiques avaient été abordées, notamment celle de l’employabilité. Il est donc très important d’y revenir, car c’est une question centrale pour l’inclusion des personnes vivant avec handicap.
Le Président de la République accorde une attention particulière à cette problématique, notamment à travers la loi n°18-25 du 25 juillet 2025, qui fait de la formation et de l’employabilité des personnes vivant avec handicap une priorité. Cette loi constitue aujourd’hui notre cadre juridique. Des ateliers comme celui-ci permettent également de rappeler aux pouvoirs publics que le handicap est une question transversale qui concerne toute la société.
DN: Selon vous, quelles sont les principales conditions pour améliorer l’employabilité des personnes vivant avec handicap ?
JPO: L’accompagnement des personnes vivant avec handicap est indispensable, mais tout commence dans les familles. Il faut accepter le handicap. Le rejet ou la négation du handicap restent malheureusement des réalités qui freinent l’inclusion. C’est une étape fondamentale.
Ensuite, les personnes vivant avec handicap doivent elles-mêmes s’investir dans leur avenir. Il ne suffit pas d’attendre l’aide de l’État. Il faut se former, acquérir des compétences, développer son savoir-faire et les mettre en valeur. La formation professionnelle est un levier essentiel pour accéder à l’emploi.
DN: Vous évoquez également l’auto-entrepreneuriat comme une solution. Pourquoi ?
JPO: l’emploi ne se limite pas à la fonction publique ou au secteur privé. Le Président de la République lui-même encourage l’auto- entrepreneuriat. Les personnes vivant avec handicap disposent de nombreuses compétences qui peuvent être valorisées dans différents domaines d’activité.
Avec un accompagnement adapté, elles peuvent créer leurs propres entreprises et devenir leurs propres employeurs. C’est une approche qui a déjà fait ses preuves dans plusieurs pays et qui mérite d’être davantage encouragée chez nous.
DN: Vous avez regretté l’absence du Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap à cet atelier. Pourquoi cette réaction ?
JPO: Le Conseil consultatif est l’institution chargée de représenter les personnes vivant avec handicap. Lorsqu’une activité porte sur leur bien-être ou leurs droits, il est normal qu’il soit représenté. Son absence est, à mon sens, inacceptable.
Même lorsqu’un responsable est empêché, il est toujours possible de désigner un représentant. Le Conseil doit accompagner les organisations des personnes vivant avec handicap et participer à ces échanges afin de recueillir les préoccupations du terrain. C’est à partir de ces rencontres que nous pouvons formuler des propositions et des recommandations pertinentes au Gouvernement.
DN : Quel message adressez-vous aux personnes vivant avec handicap et à leurs familles ?
JPO: J’adhère pleinement aux recommandations formulées lors de cet atelier et je souhaite plein succès à la Dynamique de l’unité des organisations des personnes vivant avec handicap. J’encourage les personnes vivant avec handicap à se former, à développer une expertise, à acquérir des compétences techniques et professionnelles et à ne pas négliger l’auto- emploi.
J’invite également les familles à scolariser les enfants vivant avec handicap et à renforcer la solidarité. Le handicap peut concerner chacun d’entre nous à un moment de la vie. C’est pourquoi nous devons construire une société plus inclusive, fondée sur le respect, l’acceptation et l’égalité des chances.
Propos recueillis par Flore de Jésus SOMBOKO.