Le ministère des Finances, du Budget et du Portefeuille public a présenté, ce vendredi 3juillet à Brazzaville,  la plateforme FOUTA aux professionnels de la comptabilité et aux responsables des  entreprises.  Ce  nouvel outil numérique est destiné à centraliser et sécuriser le paiement des recettes publiques. Cette réforme s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de modernisation des finances publiques et de renforcement de la transparence dans la gestion des ressources de l’État.

Lors de cette présentation,  les responsables du projet ont expliqué que FOUTA constitue un levier essentiel  de transformation de l’administration financière congolaise. La plateforme permettra de simplifier les démarches des contribuables, d’améliorer la traçabilité des paiements et de sécuriser les recettes publiques grâce à un système entièrement dématérialisé.

« FOUTA centralise les paiements  qui proviennent des différentes applications des métiers de l’administration financière, notamment e-Tax pour les impôts, SYDONIA pour les douanes, ainsi que les futures plateformes dédiées aux recettes des services publics et des collectivités locales », a déclaré le directeur des systèmes d’information du ministère des finances, Elenga Ngaporo Okina.

D’après le directeur, avec  FOUTA, tous les paiements sont automatiquement transférés vers le compte unique du Trésor ouvert à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Chaque transaction est identifiée, validée et réconciliée de manière automatique. Ainsi, cet outil électronique de télépaiement réduit les risques d’erreurs. Il  renforce la qualité de l’information financière.

« Les contribuables pourront désormais effectuer leurs paiements à distance, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, via les banques partenaires ou les opérateurs de mobile money, sans avoir à se déplacer dans les administrations financières. À l’issue de chaque paiement validé, une quittance électronique sera immédiatement transmise au contribuable par courrier électronique. Ce document sera signé électroniquement et doté d’un QR Code qui permet d’en vérifier l’authenticité  », a-t-il souligné.

Les professionnels de la comptabilité et les responsables des  entreprises.

Elenga Ngaporo Okina a également  insisté sur la utilité, pour les entreprises, de mettre à jour leurs coordonnées bancaires, leurs numéros de téléphone et leurs adresses électroniques afin de garantir le bon déroulement des opérations de paiement et la réception automatique des quittances. Car,  les justificatifs papiers disparaîtront progressivement au profit d’un archivage entièrement numérique.

Pour le cadre du ministère des Finances,   la mise en œuvre de FOUTA se fera par étapes. Une phase pilote est déjà en cours avec un nombre limité d’entreprises qui utilisent déjà la télédéclaration. Cette approche vise à identifier les éventuelles difficultés techniques avant une généralisation du dispositif.

De même, les banques commerciales partenaires poursuivent également leurs travaux d’intégration afin de satisfaire aux exigences internationales de sécurité applicables aux transactions financières.

De son côté, le président de l’Ordre national des experts comptables du Congo (ONEC-C), Brice Voltaire Obami Etou, a salué cette nouvelle étape dans la modernisation des finances publiques. Il a rappelé que cette réforme intervient après le lancement du Système de facturation électronique certifiée (SFEC), dont l’entrée en vigueur a été reportée au 1er août prochain afin de permettre une meilleure préparation des entreprises.

Le président de l’ONEC-C a aussi souligné le rôle essentiel des experts comptables dans l’accompagnement des contribuables devant les nouvelles plateformes numériques. A cet effet, il a invité les entreprises à faire exclusivement appel à des professionnels régulièrement inscrits à l’Ordre. «  Les dispositions de la législation congolaise imposent la certification des états financiers par des experts comptables agréés », a insisté le président de l’ONEC-C.

Par ailleurs, la plateforme FOUTA ambitionne de renforcer la transparence des finances publiques, de réduire les délais de traitement et de limiter les risques de fraude ainsi que de faciliter les relations entre l’administration et les contribuables.

Le ministère des Finances annonce qu’un dispositif d’assistance technique accompagnera les entreprises tout au long du déploiement afin d’assurer une appropriation progressive de la plateforme et d’améliorer continuellement le système grâce aux retours des utilisateurs

.Par Orland Alain M’BADINGA