Les personnes vivant avec handicap (PVH) relancent le débat sur leur accès à la Fonction publique. Dans un plaidoyer adressé, le 3 juillet 2026, au Premier ministre, Chef du Gouvernement, elles demandent le rétablissement et l’application effective d’un quota dérogatoire de 10 % des recrutements. La mesure avait permis l’intégration de centaines de candidats entre 2008 et 2015.
À travers cette démarche, les organisations de défense des droits des personnes vivant avec handicap, regroupées au sein de la Dynamique, ont sollicité un arbitrage favorable du Gouvernement afin de donner une traduction concrète aux engagements de l’État en matière d’inclusion, d’égalité des chances et de justice sociale.
A cet effet, les membres de la Dynamique de l’unité des organisations des personnes handicapées du Congo (DUOPHCO) rappellent que le handicap ne doit pas être assimilé à une situation de vulnérabilité. D’après les acteurs de la Dynamique, cette vulnérabilité naît principalement des insuffisances de l’environnement social, institutionnel et économique, qui limitent l’accès des PVH à l’éducation, à la formation, à l’emploi et aux services essentiels.
Malgré leurs qualifications et leurs compétences professionnelles, les personnes vivant avec handicap continuent de subir des discriminations et à de nombreux obstacles dans leur parcours professionnel. Les difficultés d’accès aux concours, les préjugés à l’embauche, les restrictions observées dans certains secteurs d’activité, ainsi que le manque d’accessibilité des infrastructures publiques demeurent autant de freins à leur insertion.

Les membres de la Dynamique de l’unité des organisations des personnes handicapées du Congo (DUOPHCO) lors du plaidoyer.
Le plaidoyer a également souligné que la demande formulée le 3 juillet 2026 s’inscrit dans la continuité d’une politique publique déjà mise en œuvre par les pouvoirs publics. Ainsi, plusieurs notes de service et circulaires gouvernementales avaient instauré un quota dérogatoire de 10 % des recrutements dans la Fonction publique, entre 2008 et 2015, en faveur des personnes vivant avec handicap.
Pour les promoteurs du plaidoyer, ces précédents administratifs démontrent que ce mécanisme est non seulement réalisable, mais également efficace pour renforcer l’inclusion des personnes vivant avec handicap dans l’administration publique.
Ils rappellent que cette revendication s’appuie sur la Convention n°159 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), qui reconnaît les difficultés particulières rencontrées par les PVH dans l’accès à l’emploi. Elle encourage les États à mettre en œuvre des politiques qui favorisent leur insertion professionnelle.
Par ailleurs, les représentants des personnes vivant avec handicap souhaitent être pleinement associés à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques les concernant. Ils estiment que leur participation est essentielle pour identifier les obstacles réels et proposer des réponses adaptées aux besoins des PVH concernés.
Dans leur adresse au Premier ministre, ils ont demandé la prise d’une note de service ou d’une circulaire d’orientation qui invite l’ensemble des ministères à rétablir et à appliquer strictement le quota dérogatoire de 10 % lors des prochains recrutements dans la Fonction publique.
Pour les signataires de ce plaidoyer, une telle décision traduirait la volonté du Gouvernement de promouvoir une administration plus inclusive, de lutter contre les discriminations et de garantir une véritable égalité des chances. Elle permettrait également de valoriser les compétences des personnes vivant avec handicap et de poursuivre une politique publique qui a déjà fait ses preuves au service de l’État et de la cohésion sociale.
Par Orland Alain M’BADINGA.