Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) exhorte le Gouvernement congolais et ses partenaires à renforcer les investissements en faveur de la jeunesse afin de transformer le potentiel démographique du pays en un véritable levier de développement. L’UNFPA a exprimé cette volonté lors de la célébration, le 11 juillet de la Journée mondiale de la population. Cette commémoration s’est déroulée sous le thème : « Réaliser les espoirs et les aspirations des jeunes, aujourd’hui et pour l’avenir ».
Dans un message officiel, la Représentante résidente de l’UNFPA en République du Congo, Dr Agnès Kayitankore, a rappelé que le pays dispose d’un important capital humain. Les résultats préliminaires du cinquième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-5) indiquent que le Congo compte six millions d’habitants, avec une population majoritairement jeune. Plus de 50 % des Congolais ont moins de 20 ans et 76 % sont âgés de moins de 35 ans.
Pour l’agence onusienne, cette réalité démographique constitue une opportunité stratégique. Mais, les jeunes devraient bénéficier de meilleures perspectives en matière d’éducation, de santé, d’emploi et de protection sociale.
L’UNFPA souligne également que les jeunes continuent d’aspirer au mariage et à la parentalité. Cependant, ces projets de vie sont souvent retardés par le chômage, la précarité économique, les difficultés d’accès au logement et l’incertitude pour l’avenir.
Ces défis se reflètent, en République du Congo, dans les données du RGPH-5. Selon les statistiques préliminaires, 72,4 % des hommes de moins de 35 ans sont célibataires ; les unions libres concernent 41,3 % des jeunes femmes et 24,4 % des jeunes hommes. Cette situation est largement attribuée aux contraintes économiques.
L’UNFPA attire également l’attention sur les enjeux liés à la santé sexuelle et reproductive. Le pays affiche un indice synthétique de fécondité de 4,2 enfants par femme, alors que le taux de fécondité des adolescentes de 15 à 19 ans atteint 54,9 naissances pour 1 000 jeunes filles.
En outre, 81 % des femmes âgées de 15 à 35 ans sont déjà mères. Cette réalité peut freiner leur parcours scolaire, leur insertion professionnelle et leur autonomie économique.
Les indicateurs de l’emploi demeurent aussi préoccupants. Le taux d’inactivité des jeunes de 15 à 35 ans s’établit à 61,5 %. Le chômage touche 15,5 % des jeunes actifs, avec une incidence plus forte chez les jeunes femmes (16,6 %). Cette situation est particulièrement observée dans les principales agglomérations du pays, notamment Brazzaville et Pointe-Noire.
Devant ce constat, l’UNFPA appelle à une mobilisation accrue autour de quelques priorités pour renforcer l’accès à la santé sexuelle et reproductive, développer une éducation et une formation professionnelle adaptées aux besoins du marché de l’emploi, et améliorer l’accès au logement ainsi qu’à la protection sociale afin de favoriser l’autonomie des jeunes.
« Les jeunes parlent. Il est temps de les écouter », a déclaré Dr Agnès Kayitankore.
La diplomate onusienne a également invité le Gouvernement, la société civile et les partenaires au développement à unir leurs efforts pour créer les conditions permettant aux jeunes de réaliser leurs projets de vie. L’UNFPA rappelle, à travers cet appel, qu’investir dans la jeunesse constitue l’un des principaux leviers pour transformer le dynamisme démographique du Congo en un dividende économique et social durable.
Par Den Elga.