Le Sénat a ouvert, le 15 octobre à Brazzaville, les travaux de sa dixième session ordinaire budgétaire. Cette session sera dominée par l’examen du projet de loi de finances 2027. La cérémonie d’ouverture été dirigée par le président de cette institution, Pierre Ngolo. Elle s’est déroulée en présence du ministre d’État chargé des Relations avec le Parlement, Joseph Luc Okio.
Les sénateurs vont, pendant 70 jours, se pencher sur les priorités économiques et sociales, dans un contexte marqué par la persistance de la crise économique et financière. Au total, treize affaires à caractère socio-économique sont inscrites à l’ordre du jour, dont le projet de loi de finances de l’État pour l’exercice 2027.
Dans son discours, le président du Sénat a dressé un tableau préoccupant de la situation économique nationale, marqué par la persistance de la crise économique et financière. Selon Pierre Ngolo, les difficultés quotidiennes alimentent de plus en plus les sentiments d’incertitude et de désespoir au sein de la population.
Au regard de cette situation, il a appelé les dirigeants à apporter des réponses susceptibles de restaurer l’espoir et d’engager le pays sur la voie du développement. Il a essentiellement souligné la nécessité d’accélérer la transformation économique et sociale du Congo.

Les Sénateurs à l’ouverture des travaux.
Le président du Sénat a toutefois relevé des avancées enregistrées dans le secteur éducatif. Il a cité l’inauguration d’un complexe scolaire moderne sur le site de l’Angola Libre, dans le 1er arrondissement de Brazzaville, Makélékélé, ainsi que l’achèvement des travaux de l’École de l’amitié, dans le deuxième arrondissement Bacongo.
Ces réalisations témoignent, selon Pierre Ngolo, d’une dynamique porteuse d’espoir, qui doit être consolidée et inscrite dans la durée. Pour y parvenir, il a invité chaque acteur public à assumer pleinement ses responsabilités dans le respect de la rigueur, de la discipline et de l’autorité de l’État.
Par ailleurs, Pierre Ngolo a rappelé que l’examen du budget de l’Etat constitue un moment important de la vie nationale, car le budget traduit les choix collectifs, les priorités gouvernementales et les ambitions de développement.
« Le budget ne doit pas être considéré comme un simple exercice comptable, mais comme un instrument qui traduit les priorités nationales, les ambitions collectives et les réponses attendues aux urgences sociales » a déclaré le président du sénat.
A sujet, le gouvernement attend l’adoption de ce texte afin de disposer des moyens nécessaires à la mise en œuvre de l’action publique. De même, les attentes des populations restent fortes. C’est dans ce contexte que les sénateurs sont invités à examiner les prévisions budgétaires avec lucidité et responsabilité, en veillant à la cohérence entre les ressources disponibles, les dépenses envisagées et les besoins prioritaires de la nation.
Outre le budget de l’État, les sénateurs examineront également trois propositions de loi, dont celle relative à la reconnaissance historique de la traite négrière transatlantique et à l’accès exceptionnel à la nationalité congolaise pour les Afro-descendants. Ils vont aussi se prononcer sur deux projets de ratification.
Des séances de questions orales et de questions d’actualité sont par ailleurs prévues pour permettre aux membres de la chambre haute d’interroger le gouvernement sur des sujets d’intérêt national.
Au terme des 70 jours de travaux annoncés, l’enjeu sera de concilier les impératifs de rigueur budgétaire, les ambitions de développement et les attentes sociales. L’examen de la loi de finances 2027 constituera ainsi un rendez-vous essentiel pour apprécier les choix économiques du gouvernement et les moyens mobilisés pour répondre aux défis du Congo.
Par Orland Alain M’BADINGA