L’Association nationale des sages-femmes du Congo (ANASAFCO), a célébré, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), le 5 mai à Brazzaville, la Journée internationale des sages-femmes. À cette occasion, les autorités congolaises, les partenaires techniques et financiers ainsi que les professionnels de santé ont lancé un appel pressant à un investissement accru dans la formation et le recrutement des sages-femmes. Cette initiative vise à réduire significativement la mortalité maternelle et néonatale.

La représentante de l’ANASAFCO, Ngoyo Adouma Vichal Derve,  a rappelé, dans son mot de circonstance, la portée de cette journée qui rend hommage à une profession essentielle, au cœur de la vie.  Elle a également souligné l’urgence d’agir, par rapport au thème mondial ‘’Un million de sages-femmes de plus ‘’, face à un déficit criant en personnel qualifié. De même, elle a peint la situation de la sage-femme.

 Au Congo, les défis persistent avec un nombre insuffisant de sages-femmes, des inégalités d’accès aux soins, notamment en zones rurales, et un faible recours à la planification familiale. « Derrière ces réalités, il y a des vies », a-t-elle indiqué.

Les participantes à la célébration de  la journée internationale des sages –femmes.

Pour répondre à ces enjeux, des actions concrètes ont été entreprises, telles que des campagnes de gratuité des services de planification familiale, la sensibilisation des populations et le mentorat clinique. « Former ne suffit pas. Il faut accompagner et encadrer au plus près du terrain », a-t-elle expliqué. Ainsi, Ngoyo Adouma Vichal Derve a plaidé pour un engagement collectif renforcé.

De son côté, la représentante de l’UNFPA au Congo, le  Dr Agnès Kayitankore, a loué les progrès enregistrés ces dernières années. La mortalité maternelle est passée de 781 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2005 à 304 en 2023. Elle a toutefois rappelé que ces avancées restent fragiles.

 « Investir dans les sages-femmes, c’est investir dans la vie », a-t-elle affirmé. Elle a en outre rappelé que plus de 80 % des décès maternels et néonatals pourraient être évités grâce à un personnel qualifié, bien formé et équitablement réparti sur le territoire national.

A ce sujet, la représentante de l’UNFPA a insisté sur l’importance d’améliorer la couverture en zones rurales et d’élargir l’accès aux services de santé reproductive.

Le ministre de la Santé et de la Population, Jean Rosaire Ibara, qui a patronné l’évènement,  a réaffirmé l’engagement du gouvernement à faire de la santé maternelle une priorité nationale. Il a salué le rôle déterminant des sages-femmes, qu’il a qualifiées de ‘’ gardiennes de la vie ‘’.

Le ministre a par ailleurs annoncé plusieurs mesures d’action à savoir, le renforcement de la formation continue, le recrutement de nouvelles sages-femmes, ainsi que l’amélioration des conditions de travail et des infrastructures sanitaires. « Chaque décès maternel est un drame de trop », a-t-il déclaré.

Jean Rosaire Ibara a de ce fait  appelé à une mobilisation générale  pour atteindre l’objectif de zéro décès maternel évitable. En dehors des discours, la commémoration de la  journée  internationale des sages-femmes a été marquée par un message fort, celui de  garantir à chaque femme un accès à des soins de qualité lors de l’accouchement.

Par Flore de Jésus Somboko.