La célébration en différé , le 8 mai à Brazzaville,  de la 33ème édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse a servi de tribune aux professionnels des médias, aux autorités publiques et aux régulateurs pour réaffirmer leur engagement en faveur d’une presse responsable, éthique et vectrice de paix sociale.  Cette commémoration  s’est déroulée  sous le thème « Façonner un avenir en paix ».

L’évènement a réuni à Brazzaville les membres de l’Union des professionnels de la presse du Congo (UPPC), de l’organisation Journalisme  et éthique Congo (JEC), ainsi que plusieurs acteurs institutionnels du secteur de la communication. IL a permis de  rappeler le rôle essentiel  des médias.

Selon le président du conseil d’administration de l’UPPC, Jean Charles Maniongui,  cette journée représente à la fois un moment de défense des droits des journalistes, d’hommage aux professionnels disparus dans l’exercice de leur métier et de sensibilisation contre les atteintes à la liberté d’expression.

Les professionnels des médias posant pour la postérité.                               

A cet effet, le responsable de l’UPPC a dressé un constat préoccupant de l’environnement médiatique congolais. Il a dénoncé des carences et des imperfections  liées au déficit de professionnalisme, à la prolifération des médias en ligne et à l’utilisation incontrôlée des réseaux sociaux.

Pour Jean Charles Maniongui, l’essor de l’intelligence artificielle et la recherche de gains rapides par certains acteurs de l’information favorisent la désinformation et fragilisent la cohésion sociale. « Nous devons œuvrer pour la reconfiguration du paysage médiatique congolais afin de lui donner un visage humain inspiré des engagements de la Déclaration de Windhoek », a-t-il déclaré.

 De son côté, le directeur de cabinet du ministre de la Communication et des Médias, Antoine Oviebo- Ethai, qui s’est exprimé au nom du ministre,  a rappelé que la liberté d’expression demeure un pilier essentiel de toute société démocratique. Ainsi, le gouvernement réaffirme son attachement à la liberté de la presse.  « La liberté de communication des pensées et des opinions constitue  l’un des droits les plus précieux de l’homme », a-t-il affirmé.

Devant les défis actuels tels que la désinformation numérique, la cybercriminalité, le terrorisme, les crises économiques ou le changement climatique, il a exhorté les médias à contribuer activement à l’apaisement du climat social. « Le contenu informationnel doit être le leitmotiv de la presse en tant qu’acteur majeur de la promotion de la culture de paix et de justice », a-t-il martelé.

Le président du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC), Médard Milandou, a  pour sa part insisté sur le rôle crucial des journalistes dans un contexte mondial marqué par les conflits armés, les tensions sociales et l’expansion rapide de l’intelligence artificielle.

Selon le président du CSLC, façonner un avenir de paix sans une presse responsable ressemble à une utopie. A ce sujet, il a invité les journalistes congolais à promouvoir un journalisme sain, désintéressé, démonétisé et dématérialisé.  Médard Milandou a également réaffirmé la disponibilité de son institution à accompagner les médias dans une dynamique de co-régulation efficace.

Cette célébration a permis  aux différents intervenants de  reconnaitre  le rôle essentiel  des médias dans la consolidation de la démocratie, la défense des droits humains et la préservation de la paix sociale en République du Congo. Avant leur  intervention, une minute de silence a été observée en mémoire des journalistes victimes de conflits, de répressions ou d’accidents à travers le monde.

Par Orland Alain M’BADINGA.