Les Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) se sont achevées, 29 mai 2026, à Brazzaville sur une série d’engagements majeurs qui pourraient redessiner l’avenir économique du continent. Pendant cinq jours, plus de 4 500 décideurs, investisseurs, experts et responsables politiques venus d’Afrique et du reste du monde ont débattu des solutions permettant au continent de financer sa transformation dans un contexte mondial marqué par les crises et les tensions géopolitiques.
Ces assises se sont déroulées sous le thème : « Mobiliser les ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ». Elles ont confirmé une ambition commune pour permettre à l’Afrique de compter davantage sur ses propres ressources pour accélérer son développement économique et social.
La suppression des visas aux citoyens africains désireux séjournés au Congo a été l’annonce qui a marqué les esprits de cette grande messe des économistes du continent. Le président du Groupe de la BAD, le Dr Sidi Ould Tah, a salué cette décision qu’il considère comme un tournant Important pour l’intégration du continent.
« C’est une décision courageuse, stratégique et profondément africaine. Son annonce ici à Brazzaville démontre que l’intégration africaine n’est plus un simple idéal, mais une réalité en construction », a-t-il affirmé.
Pour de nombreux observateurs, cette mesure symbolise la volonté du Congo de s’inscrire pleinement dans la dynamique de libre circulation des personnes et de renforcement des échanges intra-africains.

Les participants aux Assemblées générales annuelles de la BAD de Brazzaville.
Par ailleurs, les travaux ont révélé les défis auxquels l’Afrique demeure confrontée pour financer sa transformation économique. À cet effet, les participants ont insisté sur l’importance de renforcer la mobilisation des ressources internes, de développer les marchés financiers africains, de valoriser davantage les richesses naturelles du continent et d’encourager l’investissement privé dans les secteurs stratégiques.
Toutefois, l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, l’industrialisation, l’éducation, la santé et l’emploi des jeunes ont été identifiés comme des priorités absolues pour les prochaines années. Les gouverneurs de la BAD ont également réaffirmé leur soutien à la vision portée par l’institution afin d’accroître la capacité d’action de l’Afrique dans un environnement mondial de plus en plus concurrentiel.
Le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso qui a présidé la cérémonie de clôture au nom du chef de l’État, a salué la qualité des débats et la mobilisation exceptionnelle des participants. Il a souligné que la forte affluence enregistrée à Brazzaville constituait un signal fort adressé aux personnes qui continuent de percevoir l’Afrique à travers le prisme des risques plutôt que des opportunités.
« Votre présence nombreuse à Brazzaville démontre la confiance placée dans l’Afrique et dans sa capacité à relever les défis du développement », a-t-il déclaré.
Le chef du gouvernement a également insisté sur la nécessité de transformer les conclusions des travaux en actions concrètes au bénéfice des populations africaines.
Selon Anatole Collinet Makosso , la réussite du développement du continent dépendra autant de la mobilisation des financements que de la qualité de la gouvernance, de la transparence dans la gestion publique et de la confiance accordée aux institutions.
Pendant cinq jours, la capitale congolaise s’est imposée comme le centre des réflexions sur l’avenir économique du continent. Les échanges ont confirmé une conviction largement partagée à savoir, l’Afrique dispose des ressources humaines, naturelles et financières nécessaires pour accélérer son développement, à condition de renforcer la coopération régionale et de mettre en œuvre les réformes attendues.
À l’heure du bilan, une certitude s’impose. Les Assemblées annuelles de la BAD 2026 auront marqué un tournant dans la réflexion sur le financement du développement africain. Il reste désormais à transformer l’élan de Brazzaville en résultats tangibles pour les millions d’Africains qui attendent une croissance plus inclusive, plus résiliente et porteuse d’opportunités.
Par Flore de Jésus SOMBOKO.