La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a célébré, le 10 juillet à Brazzaville, son 70ᵉ anniversaire sous le thème « 70 ans de solidarité au service des assurés ». L’événement a permis de dresser le bilan de sept décennies d’existence de la CNSS et de présenter les grandes réformes destinées à assurer la pérennité du système de sécurité sociale au Congo.
La cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, des partenaires sociaux, des retraités, des assurés sociaux ainsi que de nombreuses personnalités. Elle a été présidée par la ministre de la Sécurité sociale , de la prévoyance sociale et de la Solidarité nationale, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas.
Dans son allocution d’ouverture, la ministre de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale a salué l’engagement des partenaires sociaux. De même, elle a rappelé que la sécurité sociale constitue un pilier essentiel de la cohésion nationale. « La sécurité sociale est un bel instrument de cohésion sociale. Depuis ses origines, elle est une construction tripartite qui rassemble l’État, les employeurs et les salariés dans un dialogue fréquent et permanent », a-t-elle déclaré.
La ministre a également rendu hommage aux retraités et aux assurés sociaux pour leur patience et leur résilience. Ghislaine Ebouka-Babackas a en outre réaffirmé l’engagement du gouvernement à garantir leurs droits et à améliorer continuellement leur prise en charge ainsi qu’à poursuivre les réformes engagées.

Les cadres et les agents de la CNSS.
A cet effet, la ministre a présenté les principaux chantiers engagés par le gouvernement afin de moderniser le système national de sécurité sociale. Ces réformes portent sur l’harmonisation de la réglementation nationale avec les normes de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (CIPRES), la réalisation d’une étude actuarielle pour assurer la viabilité du régime, l’extension de la couverture sociale aux travailleurs du secteur informel, aux indépendants, aux femmes entrepreneures et aux jeunes actifs, ainsi que l’accélération de la transformation numérique de la CNSS.
Elle a également insisté sur l’importance de renforcer la transparence dans la gestion de l’institution, d’améliorer les équilibres financiers et de recouvrer les créances détenues auprès des partenaires publics et privés. Pour la ministre, une sécurité sociale performante représente un levier essentiel de stabilité sociale, de cohésion nationale et de développement économique.
De son côté, le Directeur général de la CNSS, Evariste Ondongo, a souligné les difficultés de son institution. Actuellement, la CNSS est confrontée à la baisse du nombre de cotisants, à l’augmentation constante des bénéficiaires et aux retards de paiement des cotisations de plusieurs administrations publiques. Il a également évoqué la prise en charge des retraités issus d’entreprises publiques liquidées ou privatisées, sans compensation financière suffisante.
Devant cette situation, la caisse poursuit une stratégie de diversification de ses revenus à travers des investissements sur les marchés financiers et dans l’immobilier. À ce titre, la Tour Espérance a été présentée comme un investissement destiné à générer des ressources complémentaires des revenus locatifs.
« Aujourd’hui, le secteur privé supporte l’essentiel du financement du régime alors qu’il connaît lui-même des difficultés économiques. Investir pour renforcer la résilience du régime est pour nous une occasion de diversifier ses recettes. La CNSS mise sur des investissements rentables. La Tour Espérance est un immeuble à vocation commerciale destiné à générer des revenus locatifs au profit de la caisse », a-t-il souligné.
Par ailleurs, l’institution entend renforcer les mécanismes de contrôle afin de lutter contre la fraude, notamment les sous-déclarations d’effectifs, les usurpations d’identité et les paiements indus de prestations sociales, qui fragilisent les finances de la caisse.
Soixante-dix ans après sa création, la CNSS entend ainsi poursuivre sa mission de protection des travailleurs et de leurs familles. Elle réaffirme sa volonté de se doter des réformes nécessaires pour répondre aux défis de demain et renforcer son rôle au service du développement et de la cohésion sociale au Congo.
Par Orland Alain M’BADINGA.