Le Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) , Evariste Ondongo, a présenté , en marge des festivités de son institution, sa feuille de route pour assurer la viabilité du régime. Devant les  défis économiques, démographiques et financiers qui fragilisent les systèmes de protection sociale, la modernisation du cadre juridique, l’extension de la couverture sociale, la transformation numérique et  diversification des ressources ainsi que  lutte contre la fraude constituent les principaux axes de cette stratégie.

 Le Directeur général de la CNSS a dressé, lors du panel consacré à l’avenir de la sécurité sociale au Congo, un état des lieux du système et rendu hommage à ses prédécesseurs. Il a de même présenté les principales réformes envisagées pour garantir la pérennité du régime dans un contexte économique marqué par de nombreux défis.

A cet effet, il a rappelé l’importance de la CNSS dans le dispositif national de protection sociale. L’institution compte aujourd’hui 58 907 employeurs cotisants et 338 334 travailleurs déclarés, avec un réseau composé de sept directions centrales, dix directions départementales et sept agences. Chaque année, la caisse verse près de 91 milliards de francs CFA de prestations sociales au profit des retraités, des veuves, des orphelins, des victimes d’accidents du travail et de nombreux autres bénéficiaires.

Pour consolider ses ressources, la CNSS poursuit une politique de diversification de ses revenus grâce à des investissements sur les marchés financiers et dans le secteur immobilier.

Les participants aux festivités de la CNSS.

Par ailleurs, les textes actuellement, en vigueur, ne répondent plus aux réalités économiques et sociales actuelles. Ils datent de 1986.  A ce sujet, la CNSS prévoit d’harmoniser son dispositif juridique avec les normes de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (CIPRES).

Le Directeur général  de la CNSS a également insisté sur l’importance d’élargir la protection sociale à un plus grand nombre de travailleurs. D’après  Evariste Ondongo, seulement 10 à 15 % de la population active bénéficie actuellement d’une couverture sociale. De nombreux travailleurs du secteur informel et des indépendants sont en dehors du système. Pour le responsable de la CNSS, cette extension constitue un levier essentiel de développement économique et de cohésion sociale.

Le Directeur général n’a pas aussi  éludé les difficultés de la CNSS. La baisse progressive du nombre de cotisants, l’augmentation constante des bénéficiaires, ainsi que les retards de paiement des cotisations par plusieurs administrations publiques exercent une pression croissante sur les finances de la caisse.

 « Aujourd’hui, le secteur privé supporte l’essentiel du financement du régime alors qu’il connaît lui-même des difficultés économiques », a-t-il souligné.

Pour renforcer sa résilience financière, la CNSS poursuit une stratégie d’investissements productifs. Le Directeur général a notamment cité le projet de la Tour Espérance, un immeuble commercial destiné à générer des revenus locatifs au bénéfice de la caisse. La CNSS envisage en outre développer son action sanitaire et sociale à travers la création de centres médico-sociaux afin de réduire les coûteuses évacuations sanitaires à l’étranger.

La digitalisation a été également citée  parmi les priorités de la réforme.  Plusieurs services sont en cours de déploiement, notamment la télédéclaration, le recouvrement électronique, le paiement en ligne et le paiement mobile des cotisations ainsi que des prestations sociales. Cette modernisation vise à simplifier les démarches administratives et à améliorer l’accès des assurés aux services de la CNSS.

« Notre ambition est que l’assuré n’ait plus besoin de se déplacer vers la CNSS, mais que la CNSS soit accessible directement sur son téléphone », a expliqué le Directeur général.

Le responsable de la CNSS a aussi dénoncé les pratiques frauduleuses qui fragilisent les finances de l’institution. La numérisation des procédures et le renforcement des mécanismes de contrôle devraient permettre de limiter les  principales irrégularités.

Toutefois,  le Directeur général a appelé à un engagement accru de l’État, notamment à travers le paiement régulier des cotisations des administrations publiques. Evariste Ondongo a enfin plaidé pour une réflexion nationale sur un modèle de financement plus durable.

Par Orland Alain M’BADINGA.