Le ministre des Finances, du budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, a présenté, ce mardi 14 juillet à Brazzaville, devant les sénateurs, le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. Ce collectif budgétaire est rendu nécessaire par la réorganisation gouvernementale et l’évolution de la conjoncture économique internationale. Il  vise à adapter les équilibres budgétaires et à préserver les objectifs de croissance et de stabilité des finances publiques.

Dans son exposé, le ministre a rappelé que la mise en place de la nouvelle équipe gouvernementale, le 24 avril 2026, à la suite de l’élection présidentielle du 12 mars, s’est traduite par la reconduction de plusieurs ministères, la création de nouveaux départements et la réorganisation de certaines administrations. Ces changements ont conduit le gouvernement à prendre un décret d’avance afin d’ajuster les crédits ouverts par la loi de finances initiale.

A cet effet, Christian Yoka a précisé que cette démarche s’inscrit dans le respect de l’article 58 de la loi organique relative aux lois de finances.  Cette loi  prévoit le dépôt d’un projet de loi de finances rectificative devant le Parlement lorsque l’équilibre budgétaire est modifié, notamment à la suite d’un décret d’avance ou d’une évolution significative de la conjoncture économique.

Le ministre a également souligné que ce collectif budgétaire prend également en compte les profondes mutations du contexte international. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, alimentées par le conflit impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël, ont entraîné une hausse des cours mondiaux du pétrole au cours du premier semestre 2026. Cette situation a  laissé entrevoir une amélioration des recettes pétrolières.

Les Sénateurs suivant la présentation du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026.

Cependant, la conclusion d’un accord de paix entre les parties au conflit a provoqué un repli des prix du brut,  qui a réduit les perspectives de recettes pour la fin de l’exercice. Les violations répétées de cet accord continuent,  toutefois, d’alimenter les incertitudes sur l’évolution des marchés énergétiques.

Au regard de cette conjoncture, le gouvernement a révisé plusieurs hypothèses macroéconomiques. Le taux de croissance économique demeure fixé à 5,5 %, tandis que l’inflation est désormais projetée à 2,7 %, contre 3 % dans la loi de finances initiale.

Le prix moyen du pétrole congolais est revu à 67 dollars le baril, contre 63 dollars initialement prévu.  La production est estimée à 105 millions de barils. Le taux de change reste fixé à 550 francs CFA pour un dollar américain. Les prévisions intègrent également une progression de la production de gaz naturel liquéfié (GNL).

Malgré ces ajustements, le gouvernement conserve les grandes orientations du cadre budgétaire à moyen terme 2026-2028. L’accent est mis sur le renforcement des recettes publiques grâce à la digitalisation des procédures fiscales, à la réduction des exonérations et à une meilleure valorisation des ressources naturelles, notamment le pétrole, les forêts et les mines.

Le projet prévoit également  la poursuite de la maîtrise des dépenses publiques, la réduction du coût et du niveau de la dette, ainsi que le renforcement de la résilience de l’économie à travers la diversification des secteurs productifs et la reconstitution du fonds de stabilisation.

Ainsi, le projet de loi de finances rectificative est arrêté en recettes budgétaires à 2 778,16 milliards de francs CFA, contre 2 550,54 milliards dans la loi de finances initiale. Les dépenses sont, quant à elles, portées à 2 561,07 milliards de francs CFA, contre 2 320,17 milliards auparavant.

Le texte prévoit un excédent budgétaire prévisionnel de 216,95 milliards de francs CFA, en légère baisse par rapport aux 230,37 milliards inscrits dans le budget initial. En matière de trésorerie, un déficit de financement du même montant est projeté.  Il devrait être entièrement couvert par l’excédent budgétaire attendu,  qui devrait permettre ainsi de préserver les équilibres financiers de l’État.

 Christian Yoka , qui a sollicité l’approbation des sénateurs,  a indiqué que cette loi de finances rectificative constitue un instrument d’adaptation aux nouvelles réalités économiques. Elle permettra de garantir la continuité de l’action publique, de maintenir les grands équilibres macroéconomiques et de renforcer la capacité de l’économie congolaise devant des fortes incertitudes.

 Par Orland Alain M’BADINGA.