L’évaluation veut dorénavant changer la manière de décider pour s’ancrer dans les réalités locales. Pendant deux jours, près d’une centaine d’acteurs locaux de la Bouenza ont été récemment formés aux outils qui permettent de mieux mesurer les résultats de l’action publique et d’éclairer la décision.
L’initiative relève de l’Association Congolaise de l’Évaluation (ACE), avec l’appui de l’Association Africaine d’Évaluation (AfrEA) et de l’African Capacity Building Foundation (ACBF), ainsi que du Ministère de la Réforme de l’État et des Relations avec le Parlement. La rencontre a été placée sous le patronage du préfet de la Bouenza, Marcel Nganongo.
Derrière les notions techniques de suivi et d’évaluation, l’enjeu a été avant tout politique et administratif, à savoir comment améliorer l’action publique à partir de résultats mesurables ?
Pour l’ACE, rapprocher l’évaluation des territoires devrait permettre aux administrations déconcentrées, aux collectivités locales et aux autres acteurs du développement de mieux apprécier l’efficacité des politiques, programmes et projets mis en œuvre sur le terrain.
Ainsi, la démarche s’inscrit dans le cadre du Plan stratégique de la réforme de l’État (PSRE 2025-2029). Elle vise à promouvoir une gestion publique davantage fondée sur les résultats, une meilleure utilisation des ressources et une plus grande reddition des comptes.

Le préfet du département de la Bouenza, Marcel Nganongo,( au centre) ouvrant les travaux de l’atelier sur l’Evaluation.
À l’ouverture des travaux, le préfet Marcel Nganongo a clairement posé le principe de l’évaluation. Le préfet de la Bouenza a ainsi appelé les participants à devenir les ‘’ premiers ambassadeurs ’’ de cette démarche dans leurs administrations et institutions respectives, avec l’objectif de faire émerger une véritable demande locale d’évaluation.
« La culture de l’évaluation ne doit pas demeurer l’affaire des seules administrations centrales. Elle doit se faire au plus près du terrain », a-t-il déclaré.
Pour le représentant de l’État dans la Bouenza, une gouvernance efficace demande des informations fiables. L’évaluation permet ainsi de vérifier ce qui a été réalisé, de comprendre les écarts entre les objectifs et les résultats, de corriger les insuffisances et de réorienter l’action publique lorsque cela s’avère nécessaire.
L’intérêt suscité par le Carrefour a dépassé les prévisions des organisateurs. Alors que 50 participants environ étaient initialement ciblés, 89 inscriptions ont finalement été enregistrées. Les participants sont venus de la Préfecture de la Bouenza, du Conseil départemental, des directions départementales, du ministère en charge de la réforme de l’État, de la société civile et du secteur privé.
Le Carrefour de Madingou n’a pas été conçu comme une simple succession d’exposés théoriques. Les organisateurs ont privilégié une approche participative, qui a alterné communications, échanges et exercices pratiques. A cet effet, les participants ont été initiés aux principaux concepts, au vocabulaire commun de l’évaluation et son rôle dans les collectivités locales et les administrations déconcentrées.
Au terme des deux journées, les participants ont renforcé leur maîtrise des concepts du suivi et de l’évaluation, clarifié la distinction entre ces deux fonctions pour comprendre la logique de la chaîne des résultats. Ils ont aussi posé les premières bases d’un dispositif de suivi et d’évaluation susceptible d’être adapté aux réalités départementales.
Mais pour les organisateurs, le véritable test commence après la formation afin de transformer les connaissances acquises en pratiques régulières de gestion publique.
À Madingou, le message porté par le Carrefour a été simple, à savoir mieux gouverner suppose de savoir mesurer, comprendre et corriger les résultats de l’action publique. L’ACE, en rapprochant l’évaluation des territoires, entend contribuer à faire émerger une gouvernance locale davantage fondée sur les données probantes, la performance et la responsabilité.
Par Den Elga.