La Société des postes et de l’épargne du Congo (SOPECO) est à la croisée des chemins. L’entreprise est confrontée à d’importantes difficultés financières, sociales, patrimoniales et opérationnelles critiques. Elle fait désormais l’objet d’un processus de restructuration engagé par le gouvernement. Trois scénarios sont sur la table, dont celui d’un repositionnement sur de nouveaux métiers.
Lors des questions orales avec débat au gouvernement, le ministre chargé des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Frédéric Nze, a reconnu qu’aucun plan spécifique de relance de la SOPECO n’existe pas encore. Mais, le gouvernement entend déterminer, dans les prochains mois, si l’entreprise peut retrouver une trajectoire économiquement viable et durable.
L’entreprise, qui compte plus de 200 agents, a enregistré jusqu’à 45 mois d’arriérés de salaires avant la prise en main par les nouvelles autorités. Son passif social, estimé à environ 1,9 milliard de francs CFA, comprend les salaires, les cotisations de retraite et d’autres obligations sociales ; en sus près de 3,5 milliards de francs CFA d’arriérés de charges.
Alors que la SOPECO dispose d’un patrimoine important d’environ 300 terrains et biens immobiliers à travers le Congo. Elle possède également 20 % du capital de la Banque postale.
Le ministre a également déploré une dégradation de la gouvernance et de la situation comptable de l’entreprise. Il a affirmé qu’aucune comptabilité n’avait été tenue depuis plus de huit ans.
Devant cette situation, le gouvernement a mis en place un comité de restructuration pour établir un diagnostic précis. Ce comité dispose de trois mois pour examiner la situation financière, patrimoniale et organisationnelle de l’entreprise, mais aussi ses ressources humaines et son modèle économique. Il réunit les syndicats, les représentants du personnel, le management de la SOPECO, les représentants du portefeuille public ainsi que des experts issus du secteur privé.
Au terme de ce processus, trois options principales sont envisagées. La première serait la liquidation de la SOPECO. Cette option impliquerait la cession de ses terrains et autres actifs afin de financer les droits des travailleurs et leurs droits à la retraite.
La deuxième consisterait à relancer les activités postales traditionnelles et développer de nouveaux services. Le secteur de l’état civil pourrait être exploré. Le réseau territorial de la SOPECO devrait servir de relais aux services publics.
La troisième, qui apparaît pour l’instant comme l’option privilégiée par le gouvernement, serait un repositionnement de la SOPECO sur de nouveaux métiers, tels que l’inclusion financière et le commerce électronique, qui s’appuieraient sur les synergies avec la Banque postale.
« Nous espérons que la solution 3 sera celle adoptée, mais nous ne pouvons aujourd’hui pas vous garantir que ce sera le cas », a déclaré Frédéric Nze.
Une chose semble néanmoins acquise. La SOPECO ne pourra plus poursuivre ses activités avec son modèle actuel. La sécurisation de son patrimoine, l’assainissement de sa gestion et la définition d’un modèle économique adapté aux nouvelles réalités du secteur postal seront déterminants. Les conclusions de ce diagnostic devraient ainsi constituer un moment décisif pour l’avenir de l’entreprise publique, mais aussi pour celui de ses agents et de son patrimoine à travers le Congo.
Par Den Elga.