Les médias francophones d’Afrique vont bientôt se doter d’un nouvel outil pour renforcer leur engagement dans la lutte contre le paludisme. L’Alliance Francophone des Médias et Journalistes contre le Paludisme en Afrique (AFRIMPA) sera officiellement lancée le 9 septembre 2026 à Brazzaville, à l’occasion de son premier atelier régional de formation.

L’initiative  est portée par Impact Santé Afrique (ISA).  Elle ambitionne de fédérer les journalistes et les  professionnels des médias autour d’un objectif commun afin d’améliorer la qualité, la régularité et l’impact de la couverture médiatique consacrée au paludisme en Afrique francophone.

Ainsi, l’AFRIMPA veut maintenir le paludisme au cœur de l’agenda public. Car, le paludisme reste un problème capital de santé publique en Afrique, malgré les progrès enregistrés ces dernières années. Les populations les plus exposées sont les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Et, les systèmes de santé doivent faire face à des contraintes croissantes.

La baisse des financements, les crises humanitaires, la résistance aux insecticides et aux traitements ou encore la fragilité des systèmes de santé compliquent davantage la réponse à la maladie.

Dans ce contexte, les pays d’Afrique francophone doivent préserver les acquis  et renforcer les investissements nationaux et la redevabilité dans l’utilisation des ressources. Le financement apparaît ainsi comme un enjeu central.

Une couverture médiatique encore trop événementielle

Pour les promoteurs d’AFRIMPA, le traitement médiatique du paludisme constitue l’un des principaux défis. La maladie bénéficie souvent d’une forte visibilité lors de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, des campagnes de prévention, des épidémies ou de la publication de rapports.

En dehors de ces rendez-vous, l’attention médiatique tend toutefois à diminuer. Cette approche événementielle laisse peu de place aux enquêtes, aux analyses et aux témoignages des communautés affectées.

A ce sujet, AFRIMPA souhaite encourager un journalisme capable d’interroger les budgets, les engagements financiers, les résultats des programmes, les résistances aux traitements, les innovations et les inégalités liées au genre. Les médias sont donc appelés à ne plus seulement relayer les campagnes de sensibilisation, mais aussi à expliquer où vont les ressources, quels résultats sont obtenus et quelles difficultés persistent sur le terrain.

Pour ce faire, l’AFRIMPA envisage d’instaurer une communauté régionale de pratique qui permet aux professionnels d’échanger leurs expériences, d’accéder à des ressources spécialisées, de dialoguer régulièrement avec des experts et de développer des collaborations éditoriales transfrontalières.

L’AFRIMPA souhaite  de même élargir le traitement du paludisme aux questions de gouvernance et de développement. Les journalistes seront encouragés à établir des liens entre lutte antipaludique, budgets nationaux, contrôle parlementaire, financement de la santé, couverture sanitaire universelle, changement climatique et préparation aux crises sanitaires.

Le premier atelier réunira à Brazzaville journalistes, responsables de médias, représentants de la société civile, experts et partenaires, notamment le Programme national de lutte contre le paludisme du Congo, l’Organisation mondiale de la Santé, le RBM Partnership to End Malaria, Medicines for Malaria Venture et le Fonds mondial.

Les participants devront, au cours de trois jours de formation,  définir les règles de fonctionnement, les critères d’adhésion, les priorités éditoriales et les mécanismes de collaboration de l’Alliance.

À Brazzaville, l’AFRIMPA veut poser les bases d’un réseau régional durable. L’objectif sera ainsi de faire des médias un acteur à part entière de la lutte contre le paludisme et de maintenir cette maladie au cœur du débat public et politique, malgré la pression croissante sur les ressources.

Par Orland Alain M’BADINGA.