La ministre de la Sécurité sociale, de la Prévoyance sociale et de la Solidarité nationale, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka Babackas, a poursuivi, le jeudi 28 mai 2026, sa tournée de prise de contact avec les structures placées sous sa tutelle. Après une visite à la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF),  elle s’est rendue au siège de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), où elle a échangé avec les responsables et les agents de cette institution.

Au siège de la CNSS, la ministre a été reçue par le directeur général de cette structure, Evariste Ondongo.  A cette occasion, le responsable de cet établissement  clé du système de protection sociale des congolais a présenté  au ministre et  à son équipe, de manière détaillée  les missions, l’organisation administrative de l’institution et les principaux défis  auxquels la CNSS est confrontée.

 Dans sa présentation, le directeur général a rappelé que la CNSS est un établissement public à caractère social chargé de la gestion du régime de sécurité sociale des travailleurs assujettis. Il a aussi précisé que l’institution intervient à travers trois principales branches à savoir, les prestations familiales, les risques professionnels et les pensions de vieillesse.

Le Directeur général de la CNSS, Evariste Ondongo, présentant sa structure au ministre en charge de la sécurité sociale.

En outre, l’établissement emploie actuellement 650 agents répartis entre le siège et les dix directions départementales, ainsi que les sept agences et les  deux guichets de contrôle aux frontières installés à l’aéroport international Maya Maya de Brazzaville et à l’aéroport de Pointe-Noire.

De même, la CNSS gère  41 882 pensionnés, 1 480 rentiers et 4 478 allocataires au 31 décembre 2025, pour un coût annuel des prestations sociales estimé à près de 80 milliards de francs CFA.

Malgré ces performances, le directeur général a aussi évoqué quelques  difficultés persistantes. Ces préoccupations portent sur la reconstitution du conseil d’administration, la nécessité d’une étude actuarielle du régime, l’harmonisation du cadre juridique avec les normes de la CIPRES ainsi que le non-reversement des cotisations sociales par le Trésor public.

Evariste Ondongo a également rappelé les arriérés de pensions hérités de la période post-conflit entre 1997 et 2004, qui sont estimés à 139 milliards de francs CFA, ainsi que les difficultés de transfert des pensions des retraités vivant à l’étranger.  Le directeur général de la CNSS a par ailleurs souligné les complications financières rencontrées pour les évacuations sanitaires des accidentés du travail vers des structures médicales partenaires tels que le Maroc,  l’Inde et la Turquie.

Les agents et cadres de la CNSS  lors de la rencontre avec la ministre de la sécurité sociale.

Devant cet état des lieux, la ministre Ingrid Olga Ghislaine Ebouka- Babackas a salué la franchise et la clarté des échanges. Elle a insisté sur la nécessité de bâtir une compréhension approfondie des enjeux actuels de la sécurité sociale afin d’engager des réformes adaptées et durables.

 « Pour comprendre la protection sociale, il faut commencer par comprendre la sécurité sociale. Il était essentiel que nous ayons enfin ce contact physique », a déclaré Ingrid Olga Ghislaine Ebouka Babackas devant les cadres et agents de la CNSS.

La ministre  a ainsi affirmé sa volonté de travailler en équipe avec les responsables de la caisse afin de définir une feuille de route claire pour le traitement des différentes préoccupations soulevées. Elle a surtout souligné que certaines réformes nécessiteront une concertation interministérielle ainsi qu’un accompagnement au plus haut niveau de l’État.

Au  sujet de la prochaine réunion du Conseil des ministres de la CIPRES prévue le 10 juin à Genève, la ministre a rappelé l’importance pour le Congo de maintenir la conformité de son système de sécurité sociale avec les exigences communautaires.

Au terme des échanges, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka- Babackas a effectué une visite des locaux  afin d’apprécier les conditions de travail du personnel et les réalités opérationnelles de l’institution.

Cette descente s’inscrit dans une série de visites entreprises par la ministre depuis sa prise de fonctions. Elle vise à mieux cerner les défis des structures sous tutelle afin d’impulser une nouvelle dynamique dans le secteur de la protection sociale au Congo.

Par Orland Alain M’BADINGA.