Le nouveau Diagnostic-pays du secteur privé (CPSD) de la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, a révélé récemment que le Congo pourrait mobiliser jusqu’à 1,4 milliard de dollars d’investissements privés et créer 22 200 emplois d’ici 2030.

Pour atteindre cet objectif, le pays doit lever les principaux obstacles qui limitent l’investissement dans quatre secteurs à fort potentiel, qui sont le bois transformé, la logistique portuaire, l’agro-industrie, principalement la mouture du maïs, et l’aquaculture. Leur développement est présenté comme un levier potentiel de diversification de l’économie congolaise et de création d’emplois.

Ainsi, le bois transformé apparaît comme le secteur qui offre les perspectives les plus importantes. Selon l’IFC, un meilleur accès aux matières premières, des règles plus claires et une augmentation de la transformation locale devraient  permettre de créer entre 5 300 et 11 500 emplois. Le secteur attirera également entre 560 millions et 1,1milliard de dollars d’investissements privés.

Cette orientation  consiste à accroître la valeur ajoutée produite au Congo en développant davantage les activités de transformation des ressources forestières.

La logistique portuaire constitue également  un autre axe stratégique du diagnostic. L’amélioration de l’efficacité du port autonome de Pointe-Noire et du corridor Pointe-Noire- Brazzaville pourra de même renforcer le rôle du Congo dans les échanges commerciaux régionaux.

Parc de stockage du bois ( Photo d’Archives).

A sujet, l’IFC recommande  au Congo de moderniser les procédures douanières. Selon ses estimations, les réformes dans ce secteur pourraient générer entre 2 000 et 6 000 emplois et attirer entre 70 et 200 millions de dollars d’investissements privés.

Dans l’agro-industrie, la mouture du maïs a été  identifiée comme une activité qui présente des perspectives de développement. La création et l’implantation d’unités locales de transformation pourraient engendrer entre 400 et 1 100 emplois directs et mobiliser entre 24 et 72 millions de dollars d’investissements.

Le diagnostic préconise à cet effet de faciliter l’accès au foncier afin de favoriser l’installation des unités de transformation et le développement des chaînes de valeur agricoles.

La filière de l’aquaculture, soutenue par une demande croissante de poisson, pourrait créer entre 1 200 et 3 600 emplois et attirer entre 5 et 16 millions de dollars d’investissements. Son développement nécessite toutefois une amélioration de la gouvernance du secteur, un accès plus facile aux intrants ainsi qu’un renforcement de la chaîne du froid.

Pour libérer le potentiel de ces filières, le CPSD recommande de concentrer les efforts sur quatre priorités à savoir,  clarifier les règles du secteur forestier ; moderniser les procédures douanières au port de Pointe-Noire ; faciliter l’accès au foncier agricole et renforcer le cadre réglementaire de l’aquaculture.

L’IFC estime que ces réformes pourraient être engagées au cours des trois prochaines années. Leur mise en œuvre doit contribuer à améliorer l’environnement des affaires, renforcer la compétitivité des entreprises et favoriser l’émergence de nouvelles chaînes de valeur.

L’économie congolaise reste fortement dépendante du secteur pétrolier. Le pays dispose toutefois de plusieurs atouts pour accélérer sa diversification, notamment d’importantes ressources forestières, de vastes terres arables et le port en eau profonde de Pointe-Noire.

Pour l’IFC, ces avantages peuvent servir de base au développement d’activités davantage tournées vers la transformation locale, l’investissement productif et la création d’emplois.

« Le Congo dispose d’atouts considérables pour accélérer la diversification de son économie en s’appuyant davantage sur le secteur privé », a déclaré Olivier Buyoya, directeur de division pour l’Afrique centrale et le Nigeria à l’IFC.

Selon le directeur de division, le diagnostic constitue une feuille de route qui vise à transformer le potentiel identifié en investissements, en emplois et en opportunités économiques. La levée des principaux obstacles permettra de rendre les secteurs ciblés plus attractifs pour les investisseurs et de soutenir une croissance plus diversifiée.

Par Orland Alain M’BADINGA.