L’Union des musiciens du Congo (UMC) a dressé, au cours d’une conférence de presse, le 25 septembre  à Brazzaville, le bilan de ses dix années d’activités. Elle a mis en avant ses actions en faveur des artistes, du droit d’auteur et de la structuration du secteur culturel. La rencontre avec les professionnels des médias a également été marquée par une prise de position critique de l’UMC à l’égard de la nouvelle formule de l’Union nationale des écrivains et artistes congolais (UNEAC).

La dynamique actuelle de l’organisation remonte, selon le secrétaire général de l’UMC, Romain Gardon Nimi, chef de l’orchestre SOS Salsa, au 8 août 2016, à Brazzaville. Dix ans plus tard, l’organisation affirme avoir renforcé sa présence dans les instances culturelles et de la société civile.

L’UMC est désormais  membre de la société civile congolaise, de la Commission nationale de l’UNESCO, de la Coordination des associations de la société civile du Congo (CARESCO), du Conseil international de la musique ainsi que du comité de direction du Bureau congolais du droit d’auteur (BCDA).

Pour ses dirigeants, cette participation à différentes instances traduit le travail de représentation et de plaidoyer mené depuis plusieurs années auprès des pouvoirs publics et des acteurs culturels.

Les responsables de l’UMC lors de la conférence de presse.

L’UMC a aussi  contribué à l’amélioration de la perception des droits d’auteur et surtout à leur régularité.  Elle a même rappelé  que ces rémunérations sont dorénavant  versées chaque trimestre. A cet effet, elle  s’est félicitée du rétablissement du comité de direction du BCDA, qu’elle considère comme un mécanisme important de gouvernance de l’institution.

L’application effective du statut de l’artiste demeure parmi les principales revendications de l’UMC. L’organisation a précisé que la loi portant statut de l’artiste a été promulguée, mais  elle ne dispose pas encore  des textes d’application  permettant sa mise en œuvre complète. A ce sujet, elle entend poursuivre son plaidoyer auprès des institutions compétentes pour voir ces textes d’application  et la loi d’orientation sur la politique culturelle  être adoptés.

La transformation numérique constitue un autre défi identifié par l’organisation. L’UMC estime que les artistes congolais disposent encore de peu de moyens structurés pour commercialiser leurs œuvres en ligne. Elle annonce des discussions avec les acteurs du secteur et le ministère de la Culture autour de la création de plateformes numériques consacrées à la vente des productions musicales. L’organisation plaide également pour la numérisation du patrimoine musical congolais.

« Une partie du répertoire national demeure conservée sur des supports anciens, notamment les vinyles, les CD et les bandes magnétiques.  La numérisation de ces œuvres facilitera l’accès des médias et du public à ce patrimoine musical », a déclaré Gardon Nimi.

La défense des intérêts sociaux des artistes reste  au cœur des missions revendiquées par l’UMC. L’organisation  accompagne aussi des artistes confrontés à des problèmes de santé.

Par ailleurs, L’UMC a réagi à la nouvelle formule de l’Union nationale des écrivains et artistes congolais (UNEAC).  Après avoir indiqué être restée jusque-là en retrait des débats autour de cette organisation, l’UMC a décidé de réagir aux récentes déclarations des responsables de l’UNEAC.

L’UMC  trouve que le fonctionnement actuel de l’UNEAC soulève des interrogations au regard des règles qui encadrent les associations au Congo. Elle rappelle également l’histoire de l’organisation, créée à la fin des années 1970 dans le contexte de la République populaire du Congo. Pour l’UMC, le principe de liberté d’association constitue l’un des principaux éléments du débat.

L’organisation conteste ce qu’elle présente comme une volonté de faire de l’UNEAC la seule structure représentative des écrivains et artistes concernés. Elle estime qu’une telle approche serait incompatible avec le principe de pluralité des associations. Ainsi, les responsables de l’UMC  qualifient la nouvelle formule de l’UNEAC d’ « illégale »  et d’« illégitime ».

 La controverse autour de la nouvelle formule de l’UNEAC ajoute désormais un nouveau sujet de débat au sein du secteur culturel congolais.

Par Orland Alain M’BADINGA.