La qualité de l’information apparaît aujourd’hui comme un levier important pour répondre aux défis démographiques et sanitaires du Congo. Ce message a été porté, ce 1 Octobre à Brazzaville, à l’ouverture de l’atelier de renforcement des capacités destiné aux professionnels des médias sur les questions de population, de santé sexuelle, reproductive et genre. Les travaux de cette formation ont été ouverts par Bruno Bilombo , Représentant assistant du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en République du Congo.
« Les transformations sociales et sanitaires dont notre pays a besoin ne pourront pas être durables sans une information de qualité », souligne le message de la représentante de l’UNFPA, le Dr Agnès Kayitantore.
Les données du 5è Recensement général de la population et de l’habitation placent la question démographique au centre des enjeux de développement. Le Congo compte plus de six millions d’habitants, dont 50,3 % de femmes. Les moins de 35 ans représentent 76 % de la population et plus de la moitié des habitants ont moins de 20 ans.
Cette forte proportion de jeunes représente une opportunité, mais sa transformation en dividende démographique dépend notamment des investissements consentis dans la santé, l’éducation, les compétences, l’emploi et l’autonomisation des jeunes et des femmes.

Les participants à l’atelier de formation.
Dans ce contexte, les médias sont appelés à contribuer à une meilleure compréhension des réalités démographiques. La diffusion de données fiables et la mise en avant des témoignages des jeunes, des femmes, des professionnels de santé et des communautés peuvent favoriser le débat public et la recherche de solutions.
La lutte contre la désinformation sur des sujets sensibles comme le VIH/sida, les violences sexuelles, la contraception et la santé reproductive devrait aussi retenir l’attention des professionnels des médias.
L’atelier met surtout l’accent sur la santé sexuelle et reproductive et la planification familiale. Car, chaque femme et chaque couple doivent disposer d’informations fiables et accéder à des services de qualité afin de prendre des décisions justes concernant leur vie reproductive.
Avec une population composée de jeunes, les questions liées à la santé sexuelle et reproductive les concernent directement. Le manque d’informations fiables peut augmenter le risque d’exposition des jeunes filles aux grossesses non désirées, aux infections sexuellement transmissibles et au VIH. Or, les grossesses précoces peuvent entraîner une interruption de la scolarité des adolescentes.
Le message adressé aux médias souligne ainsi l’importance de considérer les jeunes non seulement comme des bénéficiaires des politiques publiques, mais comme des acteurs du développement. Leur donner davantage la parole, valoriser leurs initiatives et relayer leurs solutions fait partie des pistes mises en avant.
À travers cet atelier, l’objectif est de renforcer les compétences des professionnels des médias afin de favoriser un traitement plus documenté des questions de population, de genre et de santé sexuelle et reproductive.
Pour les organisateurs, une information accessible, précise et fondée sur des données fiables peut contribuer à améliorer les connaissances du public et à lutter contre les fausses informations. Dans un pays où la jeunesse constitue une part importante de la population, le rôle des médias apparaît étroitement lié aux enjeux de santé, de droits et de développement.
Par Flore de Jésus Somboko.