Une nouvelle dynamique régionale se met en place à Brazzaville pour renforcer la couverture médiatique de la lutte contre le paludisme en Afrique francophone. Cette initiative veut faire de l’information un levier stable de sensibilisation, de plaidoyer et de redevabilité. Elle réunit, du 9 au 11 septembre 2026, à l’occasion du lancement de l’Alliance francophone des médias et journalistes contre le paludisme en Afrique (AFRIMPA), des professionnels des médias, acteurs de santé, représentants de la société civile et partenaires de la lutte antipaludique.
La directrice exécutive d’Impact Santé Afrique, Olivia Ngou, qui a présenté l’AFRIMPA, a souligné la nécessité de dépasser une couverture médiatique concentrée sur les temps forts de l’actualité antipaludique.
Selon elle, le paludisme continue de toucher des millions de personnes chaque année, particulièrement les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Pourtant, l’attention médiatique retombe souvent après la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, les campagnes nationales ou les épisodes épidémiques. Elle a toutefois appelé les journalistes à maintenir la pression sur les enjeux qui conditionnent l’efficacité de la riposte.
« Le paludisme ne disparaît pas entre deux Journées mondiales », a-t-elle rappelé.
La création d’AFRIMPA intervient dans un contexte marqué par une pression croissante sur le financement de la lutte contre le paludisme. Face à des ressources internationales qui ne peuvent répondre aux besoins, les financements domestiques, leur mise en œuvre et la redevabilité des acteurs deviennent également des sujets d’intérêt public.

Les participants à la cérémonie de lancement de l’Alliance AFRIMPA.
Pour la directrice exécutive d’Impact Santé Afrique, les journalistes doivent aller au-delà des annonces de financement et s’interroger sur l’origine des ressources, leur destination et le respect des engagements pris.
Trois facteurs justifient aujourd’hui la création de l’alliance, qui sont les résistances ; la pression exercée sur les financements ; et la transformation rapide du paysage médiatique, marqué par de nouveaux modes de consommation de l’information et la circulation accélérée de la désinformation.
Pour relier les initiatives nationales, AFRIMPA veut toutefois s’appuyer sur les expériences déjà existantes, notamment sur les réseaux de journalistes engagés dans la lutte contre le paludisme. L’ambition de la nouvelle alliance n’est donc pas de remplacer ces initiatives nationales, mais de les connecter et de leur donner une dimension régionale.
Ainsi, l’AFRIMPA se veut une plateforme qui réunit des journalistes, des rédacteurs en chef, des professionnels des médias et des organisations médiatiques d’Afrique francophone autour d’un objectif commun pour améliorer la qualité et la continuité du traitement de l’information sur le paludisme.
L’alliance se distingue d’une formation ponctuelle. Elle permettra aux professionnels des médias d’accéder à des sources d’information et à des experts, afin de développer des sujets, d’échanger des expériences et de collaborer au-delà des frontières. AFRIMPA ambitionne de ce fait de faciliter le travail des journalistes confrontés à des questions complexes.
Cette approche doit également favoriser la circulation des bonnes pratiques et la réalisation de reportages ou d’enquêtes à dimension régionale.
Maintenir le paludisme dans l’espace public
La vision portée par AFRIMPA est de contribuer à renforcer la redevabilité et le plaidoyer en faveur d’une riposte efficace et financée dans les pays d’Afrique francophone.
« Le moment où l’attention publique faiblit est précisément le moment où les décisions les plus importantes se prennent », a insisté la directrice exécutive.
Par ailleurs, elle estime qu’il serait risqué de laisser le paludisme devenir invisible alors que les gouvernements sont appelés à effectuer des choix déterminants en matière de financement de la santé.
Les trois jours consacrés au lancement d’AFRIMPA à Brazzaville doivent ainsi constituer bien plus qu’un simple atelier. Ils marquent, selon les initiateurs, le début d’un espace régional d’échange, de collaboration et d’action destiné à donner aux médias un rôle plus constant dans la lutte contre le paludisme en Afrique francophone.
Impact Santé Afrique assure le secrétariat de cette nouvelle plateforme.
Par Den Elga.