La journaliste ivoirienne, Marina Kouakou, est plus que engagée dans la couverture médiatique du paludisme après Brazzaville. Membre de l’Alliance francophone des médias et journalistes contre le paludisme en Afrique (AFRIMPA), elle veut désormais être plus sur le terrain pour confronter les politiques de lutte contre le paludisme aux réalités vécues par les populations.
Journaliste et rédactrice en chef du site ivoirien ‘’ Effluence.mag ‘’, Marina Kouakou repart avec de nouvelles pistes de travail. La formation lui a permis d’approfondir ses connaissances sur le paludisme et de mieux cerner certaines dimensions de la maladie encore peu abordées dans l’espace médiatique.
Les conséquences neurologiques du paludisme et leurs effets potentiels à long terme, notamment chez les enfants, ont été les sujets qui ont particulièrement retenu son attention. La journaliste a également mesuré les impacts de la maladie sur les femmes.
« Après trois jours de formation consacrés aux enjeux liés au paludisme, je suis davantage engagée dans la lutte contre le paludisme. On a appris beaucoup de choses qu’on ne savait pas forcément, notamment sur le fait que le paludisme pouvait créer des troubles neurologiques et avoir des répercussions à long terme sur la vie de l’enfant, de la femme et de l’homme, sur la vie de l’être humain. Et, c’est justement ces questions qu’il faut aller creuser. En tant que journaliste, on ira creuser, on ira chercher des informations auprès des personnes ressources. On ira aussi auprès des communautés pour comprendre leurs réalités», a-t-elle déclaré.
Toutefois, son ambition est dorénavant de transformer les connaissances acquises pendant la formation en véritables sujets journalistiques. Elle souhaite multiplier les échanges avec les chercheurs, les professionnels de santé et d’autres personnes ressources afin de mieux expliquer les mécanismes et les enjeux liés au paludisme.

Les participants lors de l’atelier de formation.
Cette démarche vise, selon Marina, à dépasser les discours institutionnels et les données générales pour donner plus de la place aux réalités observées dans les communautés.
Pour la journaliste ivoirienne, l’enquête devra surtout permettre de comprendre comment les populations vivent concrètement la prévention et la prise en charge du paludisme.
L’accès aux médicaments antipaludiques figure parmi les sujets qu’elle souhaite traiter. Au moment où les pouvoirs publics annoncent la gratuité de certains traitements, elle estime nécessaire de vérifier, sur le terrain, les conditions réelles dans lesquelles les populations peuvent y accéder.
« Les communautés peuvent aussi nous expliquer comment est-ce que c’est vraiment assez difficile chez elles de pouvoir entrer en possession de certains médicaments contre le paludisme pendant que l’État déclare que ce sont des médicaments qu’on peut avoir en toute gratuité », a –t-elle précisé.
Pour Marina Kouakou, ce possible décalage entre les mesures annoncées et leur mise en œuvre mérite d’être documenté à travers des témoignages, des reportages et des enquêtes.
De retour en Côte d’Ivoire, la journaliste entend ainsi poursuivre la réflexion autour de plusieurs questions sur l’accès réel aux médicaments contre le paludisme, la prise en charge des patients et leurs familles, les obstacles qu’ils rencontrent et sur la perception des politiques publiques par les communautés.
Ces interrogations devraient nourrir de prochains contenus journalistiques sur ‘’ Effluence.mag ‘’, avec l’objectif de donner une place accrue aux voix des populations, mais aussi aux experts et aux acteurs de la lutte contre le paludisme.
Par ailleurs, Marina Kouakou souhaite, à travers son engagement au sein d’AFRIMPA, contribuer à renforcer la place des médias dans la lutte contre cette maladie.
Au terme de ces trois jours de formation à Brazzaville, Marina Kouakou a retenu la nécessité pour les journalistes de continuer à apprendre, à vérifier et à aller au contact des populations.
Pour elle, la formation ne constitue pas une fin en soi. Elle marque plutôt le point de départ d’un engagement journalistique davantage tourné vers l’enquête et le terrain.
De Brazzaville à la Côte d’Ivoire, son ambition est désormais claire, mieux comprendre le paludisme pour mieux l’expliquer, et faire entendre la réalité de ceux qui y sont confrontés au quotidien.
Par Orland Alain M’BADINGA.