La riposte de l’Union des musiciens congolais (UMC) ne s’est pas fait attendre. Après les récentes sorties médiatiques des responsables de l’Union nationale des écrivains et artistes congolais (UNEAC), le bureau de l’UMC a brisé le silence et haussé sérieusement le ton. Par la voix de son secrétaire général, Romain Gordon Nimi, l’organisation a récemment accusé la nouvelle formule de l’UNEAC de vouloir s’imposer dans le paysage culturel congolais au détriment des autres structures.
Avec le ton ferme, le message sans ambiguïté, l’UMC a répondu aux déclarations publiques des responsables de l’UNEAC, qu’elle a jugées préoccupantes pour l’avenir du mouvement associatif et culturel congolais. Pour l’UMC, l’UNEAC, dans sa forme actuelle, est une organisation qui transgresse et ne respecte pas les lois et règlements de la République.
Elle précise toutefois qu’elle ne s’oppose pas au retour de l’UNEAC dans le paysage culturel congolais. Au contraire, l’UMC estime que l’existence d’une organisation supplémentaire pourrait contribuer à renforcer les actions en faveur des artistes, à condition qu’elle œuvre dans le respect des autres structures existantes.
« Nous ne sommes pas contre l’UNEAC. Voir qu’il y a une organisation, un bras fort qui vient s’ajouter pour mener avec nous ces combats, c’est bien. Mais, le problème se situe dans la méthode et dans les ambitions affichées par les responsables de la nouvelle formule », a déclaré le secrétaire général, Romain Gordon Nimi.

Les responsables de l’UMC lors de la conférence de presse.
A ce sujet, l’UMC brandit la Constitution pour défendre la liberté d’association. L’organisation rappelle les dispositions de la Constitution congolaise du 25 octobre 2015, notamment l’article 27, relatives aux libertés d’association, de réunion, de cortège et de manifestation. Elle estime que certaines déclarations attribuées aux responsables de l’UNEAC, qui laissent entendre qu’il ne devrait désormais subsister qu’une seule organisation représentative, seraient incompatibles avec ce principe.
Toutefois, L’UMC conteste la légitimité de la nouvelle direction de l’UNEAC. Elle a même mis en cause sa légitimité. Elle estime que la question dépasse les personnes actuellement à la tête de l’organisation et concerne même la nature de la structure et de son patrimoine historique.
Pour illustrer son propos, Romain Gordon Nimi a utilisé l’exemple d’un bien appartenant à l’État qui serait abandonné avant d’être récupéré et exploité à des fins privées. Sur cette base, l’UMC a employé des termes particulièrement sévères à l’égard des dirigeants actuels de l’UNEAC, qu’elle accuse d’avoir « spolié un bien appartenant à l’État » au profit d’intérêts privés, personnels ou partisans.
L’UMC reproche également à la nouvelle formule de l’UNEAC de favoriser la division et l’exclusion dans le milieu culturel. Les responsables de l’Union des musiciens congolais pensent que le principe fondateur de l’UNEAC devrait être celui du rassemblement des différentes organisations catégorielles du secteur culturel. Selon l’UMC, ces différentes organisations devraient être représentées au sein d’une éventuelle structure fédérale, chacune étant appelée à mandater ses représentants.
Par ailleurs, l’UMC a rappelé que les deux organisations ont des racines historiques qui remontent aux années 1970 et leur coexistence n’avait pas empêché les acteurs culturels de travailler ensemble.
Derrière cette passe d’armes se dessine une question essentielle à savoir, qui doit désormais représenter les artistes et comment organiser la défense de leurs intérêts dans un paysage culturel où plusieurs structures revendiquent une légitimité historique ?
L’UMC affirme ne pas vouloir transformer cette controverse en guerre ouverte. Elle rappelle que les artistes et créateurs font face à de nombreux défis et que les organisations culturelles auraient davantage intérêt à unir leurs forces. Mais, le message adressé à la nouvelle formule de l’UNEAC est clair ; l’UMC entend dorénavant défendre son existence, son histoire et sa place dans le paysage culturel congolais.
Par Den Elga.