L’Ordre national des pharmaciens du Congo conteste l’autorisation d’ouverture accordée à la société Pro-pharma par le ministère de la Santé et de la Population, malgré le refus préalable d’agrément de l’Ordre. Il a annoncé, au cours d’une conférence de presse, tenue le 27 octobre à Brazzaville, des recours juridictionnels pour faire examiner la légalité de cette décision. Il réclame également des éclaircissements aux autorités sanitaires.
Le dossier Pro-pharma ravive les tensions entre le Conseil national de l’Ordre national des pharmaciens du Congo et le ministère de la Santé et de la Population. Le président de l’Ordre, Jagger Mpandzo, a dénoncé, devant les professionnels des médias, une situation qui soulève des interrogations sur le respect des textes qui régissent la profession pharmaceutique.
Selon la chronologie des évènements, la Direction de la pharmacie et du médicament a transmis, le 26 mai 2025, le dossier de demande d’ouverture de Pro-pharma au Conseil national de l’Ordre pour examen. Après étude, l’Ordre a prononcé, le 2 juillet 2025, un refus d’agrément motivé. Malgré cela, le ministère de la Santé et de la Population a néanmoins accordé, le 7 juillet, une autorisation d’ouverture à la société.
Le président de l’Ordre a également relevé que cette décision n’a pas été officiellement communiquée à son institution par ampliation. Il estime que cette situation pose la question du respect de la procédure prévue par la législation congolaise.
« Nous ne revendiquons aucun privilège. Nous demandons simplement l’application des règles de droit qui organisent notre métier », a déclaré Jagger Mpandzo, qui a réaffirmé la volonté de son institution de défendre ses prérogatives légales.

Les professionnels des medias et de la communication prenant note pendant la conférence de presse.
Avant de porter l’affaire sur la place publique, le Conseil national de l’Ordre a entrepris plusieurs démarches administratives pour obtenir des explications. Il a saisi, le 30 mars 2026, l’Inspection générale de la santé pour comprendre les conditions dans lesquelles l’autorisation d’ouverture de Propharma avait été délivrée. Cette démarche est restée sans réponse.
L’institution a de même introduit, le 1er juillet 2026, un recours gracieux auprès du ministre de la Santé et de la Population, afin de solliciter le retrait administratif de cette autorisation. Jusqu’au au moment de la conférence de presse, le président de l’Ordre affirme n’avoir reçu aucune réponse à cette demande.
Devant ce silence, l’Ordre annonce son intention de saisir les juridictions compétentes pour contester la décision ministérielle. Cette initiative marque une nouvelle étape dans le différend entre l’institution ordinale et le ministère.
Toutefois, le président de l’Ordre a placé, au-delà du désaccord administratif, la protection de la santé publique au centre de son intervention. Pour Jagger Mpandzo, la réglementation pharmaceutique ne concerne pas seulement les professionnels du secteur. Elle engage aussi la sécurité des citoyens, qui doivent compter sur un système pharmaceutique organisé, réglementé et fiable.
Ainsi, le président de l’Ordre précise que les procédures prévues par la loi ne doivent pas être considérées comme de simples formalités, mais comme des garanties essentielles à l’encadrement de la profession et à la sécurité du médicament. Il appelle les autorités compétentes à examiner la légalité de l’autorisation accordée à Pro-pharma et à tirer les conséquences prévues par le droit si des irrégularités sont établies.
Cette position traduit la volonté de l’Ordre de faire reconnaître le rôle de l’institution dans le contrôle de l’accès à la profession et dans l’application des règles qui encadrent son exercice.
Malgré les tensions liées à ce dossier, Jagger Mpandzo réaffirme la disponibilité de son institution à poursuivre le dialogue avec le ministère de la Santé et de la Population ainsi qu’avec les autres institutions de la République.
« Il ne peut pas y avoir guéguerre. L’Ordre est censé travailler en collaboration avec les autorités sanitaires », a-t-il souligné.
Il insiste néanmoins sur la nécessité d’un dialogue fondé sur la transparence, le respect des compétences de chaque institution et l’application des textes en vigueur.
. Le président de l’Ordre appelle une nouvelle fois le ministre de la Santé à apporter une réponse formelle au recours gracieux du 1er juillet 2026. Il exhorte également les pharmaciens à faire preuve de responsabilité, de solidarité professionnelle et de respect de leurs obligations liées à leur métier.
Par Orland Alain M’BADINGA.